Preview UFC On Fox 28 – Emmett-Stephens, ascension tardive contre longévité exemplaire (ACTUMMA.COM)

Après un show rempli de Texans écumant (le plus souvent avec succès) leur terre de prédilection, l’UFC investit la Floride sans nul besoin de représentants locaux. Sur le papier un petit show, mais qui devrait influer durablement sur certaines divisions, telles les mi-lourds et plumes.

L’Amway Center d’Orlando pourrait s’avérer le siège d’une soirée exceptionnelle. Comme diraient les économistes, des enjeux de second plan d’aujourd’hui découleront les conséquences majeures de demain. En apparence, Saint Preux/Latifi à 93 kg ou Emmett/Stephens à 66 kg ne sont que des affrontements où les intéressés pourraient intervertir leurs places dans les classements, sans préfigurer d’une prochaine course au titre. Ce serait oublier qu’au gré des indisponibilités l’UFC a tendance à promouvoir certains fighters à vitesse grand V.

Poids plumes : Josh Emmett (13-1) vs Jeremy Stephens (27-14)

En tête d’affiche du premier UFC de l’année le 14 janvier, Jeremy Stephens rempile déjà pour ce qui constituera son 28e duel au sein de l’organisation-reine (seul Michael Bisping le devance), un gage de stabilité rare pour un combattant n’ayant jamais approché les sommets des divisions légers ou plumes. Longtemps englué dans la confidentialité en raison de résultats en dents de scie (score peu significatif de 14-13 à l’UFC), le Californien acquière une nouvelle popularité depuis deux ans, à mesure qu’il cumule les bonus « fight of the night » (trois sur ses cinq derniers combats) et les victoires convaincantes : Gilbert Melendez en septembre dernier et Doo Ho Choi il y a un mois. En cas de troisième succès de rang, une place dans le top 5 featherweight l’attend.

Paradoxalement âgé d’un an de plus, Josh Emmett est bien moins expérimenté en MMA mais davantage distingué par l’organisation, au point d’apparaître comme une figure importante en l’espace de cinq combats livrés en un an et demi. Arrivé invaincu, le Grim Reaper voit son ascension ralentie par une décision partagée en faveur de Desmond Green en avril 2017. Il descend alors chez les 66kg, où il devient une véritable sensation suite au retentissant KO infligé à Ricardo Lamas en décembre, suivant une décision unanime devant Felipe Arantes. En vertu d’un background supérieur dans le domaine de la lutte et de la « fraîcheur » de son approche du MMA, Emmett (classé #4) part légèrement favori de ce combat-piège face à son aîné besogneux (pour sa part #8). À ce titre, ce matchmaking apparaît comme une forme de remerciement pour bons et loyaux services envers Stephens, le seul à pouvoir sortir grandi de ce main event.

Après Doo Ho Choi, Stephens remportera-t-il un deuxième succès en 2018 ?

Poids pailles femmes: Jessica Andrade (17-6) vs Tecia Torres (10-1)

La plus petite division de poids, hommes et femmes confondus, a connu une petite révolution en fin d’année 2017 avec l’électrochoc Rose Namajunas, passée soudainement du statut de combattante honnête à surprenante bourreau de l’inamovible Joanna Jedrzejczyk. La thèse de l’accident étant privilégiée par beaucoup d’observateurs, l’UFC a d’ores et déjà fixé une revanche entre les deux concurrentes pour le printemps. D’ici là, il faut bien clarifier la hiérarchie parmi les autres prétendantes. L’actuelle #2, Jessica Andrade, reconnue pour son style de bagarreuse forgé sur le circuit brésilien (un seul affrontement conclu à la décision durant ses onze premiers combats pros), devra confirmer son statut face à l’étoile montante Tecia Torres, #5 et davantage perçue comme stratège du fait des 90 % de ses victoires acquises à la décision. Tandis qu’Andrade a échoué lors de son title shot contre Jedrzejczyk courant 2017, Torres compte pour seule tombeuse une certaine Rose Namajunas. Autant dire que nous sommes dans le top niveau de la division et la différence se fera vraisemblablement en faveur de qui saura imposer son game plan.

En 2017, Tecia Torres a finalisé pour la première fois un combat en étranglant Julianna Lima.

Poids mi-lourds : Ovince Saint Preux (22-10) vs Ilir Latifi (13-5 + 1 NC)

Ce sont deux belles histoires qui s’entrechoquent à travers cet inattendu Saint Preux/Latifi, deux réguliers du top 10 qu’on envisageait de prime abord comme des marginaux du circuit. Haïtien par ses parents, Américain par les épisodes de la vie, Ovince Saint Preux (OSP pour les intimes) a transité laborieusement de le lutte au MMA, affichant même un score négatif (3-4) à l’issue de ses deux premières années pro. Sa maturité sportive passe par le StrikeForce où il accumule les victoires jusqu’en 2013, essentiellement par décision car il n’a pas encore les atouts d’un finisseur. Seul Gegard Mousasi le dominera à cette période, l’empêchant de prétendre à une ceinture avant l’absorption de la compagnie californienne par l’UFC. On ne donne pas chère de sa survie dans l’Octogone au sein d’une division des 93kg alors au sommet, mais c’est comme si OSP était capable de s’adapter à la taille de la scène où il évolue ! Il quitte rarement le top 10 depuis cinq ans, compilant dix victoires pour cinq revers (tous contre des noms prestigieux), s’avère un bon disciple de BJJ, se découvre striker à ses heures, notamment lorsqu’il assomme Mauricio « Shogun » Rua en novembre 2014, puis se démarque complètement par son utilisation répétée du Von Flue Choke, type d’étranglement de côté qui constitue une variante audacieuse de la guillotine traditionnelle. Saint Preux compte trois victoires par ce procédé, soit deux de plus que Jason Von Flue, l’inspirateur officiel de la manœuvre… Et que dire du parcours atypique d’Ilir Latifi, parachuté à l’UFC en sauvetage d’une carte se déroulant en Suède lorsqu’il a fallu remplacer au pied levé son coéquipier Alexander Gustafsson. Censé servir de chair à canon à Gegard Mousasi, le natif de Malmö tient les trois rounds pour s’incliner seulement à la décision. Ce Rocky en herbe devient un incontournable des shows en Europe et se confirme en trouble-fête. Dernièrement encore face à Tyson Pedro dont il brise l’aura d’invincibilité naissante. Malgré des habiletés au sol limitées, son bilan UFC largement positif (6-3) lui permet de conserver une place de choix chez les mi-lourds.

S’il ne volera pas la vedette à Gustafsson de sitôt, l’autre Suédois des mi-lourds continue d’impressionner.

Poids welters : Mike Perry (11-2) vs Max Griffin (13-4)

Éphémère boxeur en anglaise, Perry est davantage dépositaire de l’école muay thaï, distribuant autant avec coudes et genoux qu’avec les poings. Pas étonnant que ses KO comptent parmi les plus spectaculaires de l’UFC en 2017, Jake Ellenberger et Alex Reyes peuvent en témoigner. Hélas, son déficit en lutte, assez rare pour un Américain, lui joue encore des tours lorsqu’un grappler lui impose une longue phase de clinch. A priori Max Griffin, ceinture noire du méconnu Bok Fu, mix de célèbres arts martiaux asiatiques, ne viendra pas dans cette optique. Ancien champion du Tachi Palace Fights, le Californien est déjà au pied du mur à cause de deux défaites en trois combats disputés à l’UFC. D’autant qu’il avait déjà loupé une première porte d’entrée via le TUF 16 en 2012. Solide duel de stand up en perspective.

Mike Perry vient toujours dans l’optique de la bagarre, à l’image de cet échange féroce avec Danny Roberts.

Un mot sur la carte préliminaire : Renan Barao, Sam Alvey et combats féminins à l’honneur

Comme d’habitude quelques étrangetés dans le choix des combattants figurant en carte préliminaire. À commencer chez les welters par Alan Jouban, vainqueur fin 2016 de Mike Perry…placé lui en principale. Une explication peut néanmoins être fournie : le vétéran de Louisianne reste sur deux revers de rang, et l’UFC a sans doute jugé que son match d’anciens face à Ben Saunders (13 apparitions dans l’Octogone) ne revêt pas une perspective bankable.

De même, l’ancien champion poids coqs Renan Barao n’en finit plus de s’éloigner des premiers rôles. Il servira cette fois de marche-pied à Brian Kelleher, une des recrues de l’année 2017.

Saluons aussi le très prolifique Sam Alvey (une moyenne avoisinant les cinq combats/an depuis ses débuts en 2008) qui pour sa quatorzième participation UFC croisera la route de Marcin Prachnio, redoutable striker Polonais récemment débauché du One Championship.

Les femmes auront deux moments notables, via en poids pailles le match de la relance entre la #14 Maryna Moroz et l’ancienne cador de l’Invicta FC Angela Hill, intérêt renforcé chez les poids coqs où la #8 Marion Reneau affrontera Sara McMann, sa devancière au classement.

Sam Alvey, seul concurrent de Donald Cerrone dans le registre de la régularité à combattre.

Terminons avec le rappel du programme complet de ce show.

UFC ON FOX 28 – 24 février 2018 Orlando, Floride (Amway Center)

Carte principale

Catégorie Featherweight : Josh Emmett vs Jeremy Stephens

Catégorie Women’s Strawweight : Jessica Andrade vs Tecia Torres

Catégorie Light Heavyweight : Ovince Saint Preux vs Ilir Latifi

Catégorie Welterweight : Mike Perry vs Max Griffin

Carte préliminaire

Catégorie Bantamweight: Renan Barao vs Brian Kelleher

Catégorie Women’s Bantamweight : Sara McMann vs Marion Reneau

Catégorie Women’s Strawweight : Angela Hill vs Maryna Moroz

Catégorie Welterweight : Ben Saunders vs Alan Jouban

Catégorie Light Heavyweight : Sam Alvey vs Marcin Prachnio

Catégorie Bantamweight : Rani Yahya vs Russell Doane

Catégorie Flyweight : Eric Shelton vs Alex Perez

Catégorie Bantamweight: Albert Morales vs Manny Bermudez

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