Le TFC de Debève point par point (après 30 journées de L1 2017-2018)

Si elle ne se caractérise pas par un net regain sur le plan statistique, la promotion de Mickaël Debève en coach principal d’un TFC jouant le maintien (17e avec 30 points) a donné lieu à quelques transformations importantes dans la mécanique violette. D’anciens remplaçants devenus valeurs sûres à style de jeu (légèrement) plus offensif.

La déception de dernière minute devant Strasbourg ne gomme pas l’impression d’un mieux général.

Au moment de la passation entre Dupraz et Debève début février, on présumait de faibles conséquences sur l’identité sportive du club. Le fidèle adjoint prenait la succession d’un titulaire usé physiquement comme psychologiquement, sans avoir manifesté la moindre prétention ou émis une critique tactique sur le fond de jeu de son prédécesseur. Les supporteurs violets pouvaient afficher un logique scepticisme envers celui souvent perçu comme un homme sans idées ni charisme. Comment cet éternel numéro 2 allait pouvoir enfiler le costume de leader ?

Sylla, Cahuzac, Sanogo, les nouveaux hommes de base

De fait, les premiers pas de Debève ont été timides. Bien loin de l’atmosphère survoltée qui avait marqué le passage de Dominique Arribagé à Pascal Dupraz en mars 2016. Faute à un calendrier lui imposant d’emblée un déplacement en coupe de France, le nouvel homme fort s’est d’abord appuyé sur le type de compositions d’équipe privilégié par son prédécesseur. Le couac de Bourg-En-Bresse passé, le mode commando est activé pour conclure au mieux un championnat où les corrections ont répondu aux désillusions. Si l’on devait résumer la politique de Debève en une formule, ce serait « la besogne avant tout ». Ainsi relance-t-il ou augmente-t-il considérablement le temps de jeu de joueurs réputés engagés ou fougueux (Sylla, Cahuzac et dans une moindre mesure Yago et Sangaré) au détriment d’éléments plus talentueux mais moins enclins à répondre à ses attentes guerrières (Blin, Somalia). Yannick Cahuzac devient même le porte-étendard de cet état d’esprit, lui dont la ferveur incontrôlée rappelle à bien des titres le joueur qu’était Mickaël Debève.

Réputé pour sa brutalité, c’est pourtant Cahuzac lui-même qui connut la sortie sur civière face à Strasbourg.

En défense, les événements ont permis au nouveau coach de ne pas trancher, blessures et méformes de Christopher Jullien ou François Moubandjé conduisant à remettre en selle Issiaga Sylla dans le couloir gauche comme Steeve Yago à droite tandis que le désormais incontournable Kelvin Amian palliait aux absences dans l’axe.

Le choix de la pointe offensive répond à une problématique différente. En effet, pour son ultime rencontre dirigée, Dupraz avait déjà intronisé Yaya Sanogo titulaire en lieu et place d’Andy Delort. On s’est alors demandé s’il s’agissait d’une sanction sportive pour l’irrégularité de la recrue vedette de l’hiver 2017 (cinq buts en L1 cette saison) ou d’une punition venue de plus haut suite à son clash avec le président Olivier Sadran. On a aussi appris dernièrement une histoire d’ivresse au volant le concernant… Depuis, il s’avère que l’ancien Caennais, apparu démobilisé ces derniers mois, est sorti des plans, ne disputant en moyenne que 25 minutes par rencontre. Pendant ce temps, Sanogo a accumulé de la confiance et soigné ses stats, inscrivant notamment des buts à l’arraché assez typique d’un numéro 9 aux limites techniques certaines. Arrivé sur la pointe des pieds, moqué pour sa maladresse, l’ancien Gunner est en passe de convaincre par sa persévérance et son sens du sacrifice. Son récent doublé réalisé dans les ultimes minutes de TFC-Strasbourg illustre sa propension à ne jamais renoncer, quand Andy Delort nous a habitué à céder sous l’énervement lorsque les circonstances lui sont défavorables. Les mêmes caractéristiques poussent progressivement l’entraîneur à privilégier en milieu offensif la recrue Firmin Mubele au détriment d’un Corentin Jean au compteur-buts toujours vierge cette saison.

Revue d’effectif avant/après Debève : les gagnants et les perdants du changement

Bandeau azur – joueurs dont la moyenne de temps de jeu est resté stable.

Bandeau vert – joueurs dont la fréquence d’utilisation a sensiblement augmenté.

Bandeau orange – joueurs dont la fréquence d’utilisation a considérablement baissé.

Joueur

Nbre de participations

Nbre de fois titulaire (Dupraz)

Temps de jeu (Dupraz)

Nbr de fois titulaire (Debève)

Temps de jeu (Debève)

Alban Lafont

30/30

22/22

1980 minutes

8/8

720 minutes

Mauro Goicoechea

0/30

0/22

0 minute

0/8

0 minute

Marc Vidal

0/30

0/22

0 minute

0/8

0 minute

Christopher Jullien

23/30

21/22

1889 minutes

2/8

151 minutes

Kelvin Amian

28/30

21/22

1779 minutes

8/8

720 minutes

Issa Diop

26/30

19/22

1710 minutes

7/8

630 minutes

François Moubandjé

16/30

12/22

972 minutes

3/8

281 minutes

Steeve Yago

19/30

9/22

918 minutes

6/8

570 minutes

Issiaga Sylla

19/30

8/22

777 minutes

6/8

510 minutes

Clément Michelin

7/30

3/22

177 minutes

1/8

98 minutes

Werlington Somalia

21/30

17/22

1494 minutes

2/8

160 minutes

Alexis Blin

24/30

16/22

1443 minutes

2/8

267 minutes

Gianelli Imbula

23/30

16/22

1250 minutes

7/8

598 minutes

Jimmy Durmaz

16/30

9/22

717 minutes

1/8

148 minutes

Yannick Cahuzac

16/30

6/22

540 minutes

8/8

617 minutes

Ibrahim Sangaré

11/30

5/22

399 minutes

5/8

450 minutes

Yann Bodiger

6/30

2/22

215 minutes

0/8

0 minute

Quentin Boisgard

6/30

1/22

175 minutes

0/8

0 minute

Firmin Mubele

8/30

———–

—————-

4/8

284 minutes

Andy Delort

26/30

18/22

1649 minutes

1/8

201 minutes

Corentin Jean

29/30

12/22

1174 minutes

4/8

356 minutes

Max-Alain Gradel

21/30

13/22

1160 minutes

6/8

540 minutes

Ola Toivonen

18/30

8/22

681 minutes

0/8

63 minutes

Yaya Sanogo

20/30

3/22

362 minutes

7/8

557 minutes

*Arrivé au club fin janvier, Firmin Mubele échappe à la comparaison Dupraz-Debève. Pour info, en 23 journées sous l’égide du Stade Rennais il a été treize fois titulaire.

*Déjà peu appelé du temps de Dupraz, Yann Bodiger et Quentin Boisgard semblent désormais tricards. Ils sont les seuls joueurs de champ valides de l’effectif (le cas de l’éternel blessé Steven Fortes étant à part) à n’avoir pas joué la moindre minute sous Debève.

*En milieu de terrain, Alexis Blin a perdu sa place avec l’émergence de Yannick Cahuzac. Dans une formule à trois récupérateurs, il est même supplanté par Ibrahim Sangaré. Objectivement plus technique et meilleur footballeur, Blin n’a pas convaincu au niveau de la dimension « guerrière » revendiquée par Mickaël Debève.

Stagner avec la manière

Sur le plan de la formation, c’est le status-quo vis-à-vis de la période Dupraz, la prédominance d’un 4-3-3 sur le papier, ressemblant plus volontiers à un 4-3-2-1 dans son exécution. Cependant, le changement des hommes a grandement bouleversé l’animation. Le renforcement au niveau de la récupération d’abord, le travail forcené de Yannick Cahuzac laissant davantage de liberté offensive à Gianelli Imbula. L’apport d’Ibrahim Sangaré dans ce même entre-jeu constitue une autre sécurité, puisque véritable troisième milieu défensif quand Werlington Somalia, davantage couteau suisse, a plutôt tendance à s’éparpiller. L’activité défensive, propre mais sans génie, de l’Ivoirien permet aux créateurs, le plus souvent Max-Alain Gradel et Firmin Mubele d’être moins astreint à des replis défensifs.

Yaya Sanogo, un ferrailleur devenu buteur.

Dans les faits cela se traduit par un grain de folie en plus, le sentiment qu’avec ce TFC-là un match n’est jamais fini. La petite « remontada » de 1-3 à 3-3 devant Monaco ou la fin de rencontre hallucinante face à Strasbourg en sont autant de témoignages. C’est pourtant à coups de résultats nuls, et grâce à la stagnation des poursuivants, que les hommes de Debève gardent le destin entre leurs mains. Une fois le déplacement à Lyon soldé ce dimanche, il leur restera sept matchs abordables à disputer, et entre trois et quatre victoires à glaner.

Une moyenne de points inférieur aux autres « sauveurs » mais meilleure sur la saison en cours

Saison

Coach

Arrivée

Matchs

Victoires

Nuls

Défaites

Moy/Pts

2014-2015

D.Arribagé

30e journée

9

4

1

4

1,44

2015-2016

P.Dupraz

29e journée

10

5

3

2

1,80

2017-2018

M.Debève

23e journée

8…

2

4

2

1,25

*Si le TFC de Debève perd peu, il est empêtré dans une série de six rencontres sans succès, alors que la double victoire initiale (Devant Troyes et à Nice) laissait espérer une échappée rapide de la zone rouge.

*Les quatre défaites essuyées en neuf rencontres par les hommes de Dominique Arribagé lors de l’opération survie de 2014-2015 viennent prouver que le besoin de points était alors moindre. On peut d’ailleurs relativiser ce bilan puisque suite au succès devant Lille (36e journée) le maintien était quasiment acquis, d’où deux dernières rencontres où le lâcher prise a primé.

*Le démarrage en douceur de l’opération survie, et ce malgré des oppositions avec des concurrents directs (Troyes, Amiens, Metz, Strasbourg) s’explique en partie par la prise de fonction prématurée de Debève. Celui-ci bénéficie de seize rencontres, quasiment un demi-championnat pour redresser la barre. Il part d’ailleurs de moins loin qu’Arribagé et Dupraz en leur temps. Si le TFC à chaque fois relégable au moment des changements de coachs, il est cette année bien moins largué en termes de points que les saisons précédentes. Ainsi les deux victoires enchaînées l’ont fait passer 15e du classement. Depuis, il a gardé la tête hors de l’eau, grâce notamment au rythme lent de ses poursuivants (Troyes et en particulier Lille).

*Dix buts inscrits en huit rencontres, dont quatre pour le seul Yaya Sanogo, jusqu’alors muet en Ligue 1 (voir par ailleurs). Avec une moyenne supérieure à un but par match, Le TFC de Debève est incontestablement plus efficace que celui des 22 premières journées (19 buts inscrits).

*Le constat d’amélioration vaut aussi niveau défensif : neuf buts encaissés, soit une moyenne de 1,12 contre 1,45 avant Debève (32 buts encaissés).

Un TFC davantage joueur mais mal payé défensivement

En vert les statistiques les plus positives pour chaque critère, en rouge les plus négatives.

Match

Possession obtenue

Tirs/tirs cadrés

Passes réussies

Centres réalisés

Corners obtenus

Tirs subis/cadrés

TFC-Troyes

56 %

20/7

85 %

27

6

1/0

Nice-TFC

32 %

6/1

74 %

10

1

14/2

TFC-PSG

27 %

3/1

68 %

11

0

21/6

Amiens-TFC

48 %

12/5

66 %

30

6

8/1

TFC-Monaco

47 %

9/6

78 %

28

6

7/3

Metz-TFC

52 %

19/5

80 %

46

9

11/1

TFC-OM

37 %

10/4

68 %

14

3

22/8

TFC-Strasbourg

51 %

12/5

77 %

42

6

11/4

* En dehors des rencontres face au PSG et l’OM, où il fut souvent acculé sur ses cages, le TFC de Debève concède peu de tirs cadrés, environ trois par rencontre. Et seulement onze en six rencontres si on enlève dans la statistique les deux matchs précédemment nommés. Soit la traduction d’un bloc plus haut, obligeant soit l’adversaire à frapper de loin soit prendre sa chance dans des positions complexes.

À titre de comparaison, le TFC avait subi douze frappes cadrées lors des trois utimes rencontres dirigées par Dupraz (Saint-Étienne, Nantes, Montpellier).

*En dépit de données faméliques face au PSG et à Nice, les offensives des Violets débouchent sur un intéressant prorata tirs/tirs cadrés/buts, à l’image de la rencontre devant Monaco où deux tirs sur trois prirent la bonne direction, la moitié de ceux-ci allant au fond des filets.

*Fin mars, le site lesviolets.com, spécialisé TFC, récapitulait les notes obtenus par chaque match de la saison, toutes compétitions incluses. Sur le podium de ce top établi donc par des fans engagés du club, deux rencontres récentes, le TFC-Monaco explosif de février et le déplacement victorieux à Nice de la 24e journée. Intercalé entre les deux, une rencontre de l’ère Dupraz ne concernant même pas le championnat puisqu’il s’agit du TFC-Clermont en Coupe de la Ligue.

Classement après 30 journées

*Paris et Angers comptent un match en plus.

1

Paris Saint-Germain

83

27

2

2

95

21

+74

2

AS Monaco

66

20

6

4

74

32

+42

3

Olympique de Marseille

59

17

8

5

61

37

+24

4

Olympique Lyonnais

57

16

9

5

62

36

+26

5

Stade Rennais FC

45

13

6

11

39

36

+3

6

FC Nantes

44

12

8

10

30

30

0

7

Montpellier Hérault SC

42

9

15

6

28

25

+3

8

OGC Nice

42

12

6

12

40

43

-3

9

AS Saint-Etienne

39

9

9

11

33

44

-11

10

Dijon FCO

38

10

8

12

43

57

-14

11

Girondins de Bordeaux

37

10

7

13

33

39

-6

12

Angers SCO

35

8

11

12

25

32

-7

13

SM Caen

35

10

5

15

22

36

-14

14

EA Guingamp

35

9

8

13

30

45

-15

15

RC Strasbourg Alsace

32

8

8

14

35

54

-19

16

Amiens SC

31

8

7

15

25

34

-9

17

Toulouse FC

30

7

9

14

29

41

-12

18

ESTAC Troyes

29

8

5

17

25

40

-15

19

LOSC

28

7

7

16

29

48

-19

20

FC Metz

21

5

6

19

27

56

-29

Calendrier : des confrontations directes, un derby et quelques frayeurs en vue

J31 : Lyon-TFC

J32 : TFC-Dijon

J33 : Caen-TFC

J34 : TFC-Angers

J35 : Rennes-TFC

J36 : TFC-Lille

J37 : Bordeaux-TFC

J38 : TFC-Guingamp

Debève s’avèrera-t-il l’homme idoine pour le sprint final ?

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