TFC, la fin de l’absolution – Avant-match Bordeaux-TFC (37e journée Ligue 1 2017-2018)

Au-delà de l’affreuse défaite devant des Lillois qu’il était en mesure de mettre hors course, le Toulouse Football Club a perdu le soutien de groupes de supporteurs parmi les plus acharnés. En cause, des incidents s’étant déroulés sur le parvis du Stadium et l’attitude méprisante des dirigeants du club. Pour le déplacement à Bordeaux ce samedi 12 mai, l’équipe devra trouver les ressources toute seule, et il en sera sans doute de même pour la réception de Guingamp la semaine prochaine.

Encore une fois la réponse adoptée aura été la plus maladroite possible. Vendredi 11 mai, un ensemble de fidèles supporteurs du TFC viennent rendre les armes. Leurs armes. Se limitant en l’occurrence à des drapeaux, banderoles, cartes d’abonnement et autres outils les affiliant au club. Ceux-ci sont déposés devant les locaux, sur le parvis du Stadium. Plutôt que de faire disparaître discrètement les traces de cette intrusion pacifique, les employés du stade jettent ostensiblement le matériel dans les containers poubelles aux abords des buvettes, ne prenant même pas soin de retirer les manches des drapeaux. Ainsi les couvercles verts ne masquent même pas le forfait. Un symbole répond à un autre. Aux chiottes les fans ?

Debève, la prudence perdante

Quatorze matchs, quatorze points, auxquels il faut ajouter la piteuse élimination à Bourg-En-Bresse en 1/16e de Coupe de France. Voilà pour le bilan comptable des Violets depuis le changement de coach en février. Après deux premières victoires flatteuses pour sa prise de service en L1, le parcours des hommes de Debève n’a cessé de verser dans le chaotique. Cependant, il existait des écrans de fumées suffisamment pertinents pour retarder l’échéance : renversements de situations au Stadium face à Monaco puis Strasbourg, victoire essentielle devant Angers et nul « tactique » obtenu à Caen, prestations étincelantes de Max-Alain Gradel, émergence de Yaya Sanogo en pointe et installation au milieu du trident Imbula-Cahuzac-Sangaré. Promis, le moral était bon. Promis, la symbiose d’équipe allait faire la différence contre un LOSC au groupe totalement modifié d’une saison à l’autre, une entreprise capitaliste à mille lieux de « l’esprit de famille » promue en son temps par notre sympathique TFC.

Blessé lors de l’ultime entraînement avant la réception de Lille, Cahuzac manquera fortement dans l’entrejeu.

C’était oublier l’aspect sportif, encore supérieur à celui de la communication en 2018. Debève a commis une erreur de débutant, un choix perdant connu jusqu’au moindre joueur des jeux vidéos FIFA ou PES. Lorsque l’on mène presque par hasard 2-1, rien de pire niveau stratégie que de bétonner pour tenir le résultat. De même qu’un empilement de joueurs offensifs a plutôt tendance à les voir se marcher les uns sur les autres, le surplus d’éléments à vocation défensive rajoutent des erreurs aux approximations. Était-ce le bon moment pour remettre en selle le placardisé Yann Bodiger ? Pour ses premières minutes de jeu sous l’ère Debève coach principal, l’ancien héros d’Angers est apparu emprunté, les jambes coupées par l’enjeu. Mais c’est bien à l’équilibre d’ensemble de l’équipe que les remplacements ont nui, puisqu’à dix minutes de la fin les sorties successives de Somalia, Jean et Gradel avaient annihilé toute volonté créative. Pas plus géniaux, les Lillois avaient le mérite de la cohérence et surent planter les deux coups de lame salvateurs. Le carton rouge reçu par François Moubandjé dans les arrêts de jeu venait porter le coup de grâce à un fond de jeu minable : 34 % de possession, une paille à domicile, 6 petits tirs contre 17 pour les visiteurs, 62 % de passes réussies seulement et un misérable corner obtenu en quatre-vingt dix minutes. Mais le pire restait à venir…

Heureux en fin de première mi-temps, dépité à l’issue de la rencontre, Jullien est méconnaissable cette saison.

Le différend de trop avec les supporteurs

Comme toujours à l’issue d’une rencontre au Stadium, une petite frange du public s’est réuni sur le parvis pour assister aux sorties des joueurs et au départ du bus des visiteurs. Cette fois l’initiative revêtait une plus vive intention : demander des comptes au président Olivier Sadran (habitué à s’évaporer discrètement en temps normal), Jean-François Soucasse, Mickaël Debève ou encore Dominique Arribagé, responsable phare de la cellule recrutement. Tandis que des premiers échanges virils/corrects s’établissaient entre supporteurs et joueurs du club, une charge policière venait envenimer un peu plus l’atmosphère. Le stade fut donc évacué dans la plus grande confusion. Situation assez banale dans certains clubs habitués à une chaleur constante, mais véritable nouveauté concernant le TFC.

Face à Lille le soutien était massif. Reste à savoir quand on reverra ça au Stadium…

S’en est suivi une bataille de tweets et d’initiatives une semaine durant entre le club et différents groupes de supporteurs pour démêler les responsabilités de chaque partie dans ce final houleux. Prêts à tout pardonner et à tout prendre en dérision (exemple : fête de la descente fin février 2016), les représentants du public ont cette fois la dent dure contre la direction. Le premier jet vient des Indians, groupe le plus important du virage Brice Taton (est) : « On était en train de négocier avec le SLO (Supporters Liaison Officer) du TFC quand quelqu’un a allumé et jeté un fumigène par terre. A peu près cinq minutes plus tard, la police a chargé avec des flash-balls. On s’est fait défoncer ! (…) On a déjà recueilli beaucoup de témoignages, des vidéos. On veut que le TFC se désolidarise de ces actions ». En guise de réponse, le club se contente d’un communiqué ambigu : « Le Toulouse Football Club précise que cette intervention relevait d’une décision autonome prise par l’Autorité Publique. Par ailleurs, contrairement à ce qui a été indiqué sur différents relais médias, le TFC était à ce moment précis en train de dialoguer avec des représentants des groupes de supporteurs, afin d’organiser une entrevue immédiate avec la présidence du club ». Sur le fond, pas de contradiction avec la version des fans, sur la forme une petite ligne manque pour regretter l’intervention. Réaction des Indians, laconique : « Donc vous ne condamner, ni ne vous désolidarisez du comportement de la police hier soir. Dont acte ».

Clairement ciblé pour son coaching, Debève est pour l’instant le bouc-émissaire du manque d’ambition des dirigeants.

L’idée de boycotter la fin de saison commence alors à faire son chemin, à l’image du groupe des Occifans, localisé à Paris et spécialiste de l’organisation des kops pour les matchs en déplacements, qui soumet cinq conditions à remplir par le club avant de renouveler la moindre action de soutien. Parmi celles-ci une facilitation pour le déplacement à Bordeaux et un signe clair d’ambitions futures. Autre exemple avec cet excellent édito partagé par le site lesviolets.com : https://www.lesviolets.com/actu/edito-ce-serait-leur-faire-trop-d-honneur-,45012.htmlon parle ici d’une logique implacable : « Puisqu’ils n’écoutent pas les critiques des supporteurs, il ne faut pas leur faire la joie d’entendre des encouragements : parcage vide à Bordeaux et Stadium désert contre Guingamp ». Malgré l’optimisme de façade affiché par le club pour les deux dernières joutes à venir, personne ne mord à l’hameçon. La mémoire récente des déclarations d’un Christopher Jullien jurant « s’interdire de perdre » devant Lille décrédibilise ce nouveau plan com autour des deux « finales » restant à jouer. À leur tour les Visca Tolosa condamnent les violences d’aprés-match et remettent en cause leur présence à Bordeaux. L’officialisation ne tarde pas : ce seront bien quatre groupes majeurs qui seront absents du Matmut Atlantique : Indians, Occifans, BFS/Viola Club et West Eagles.

Face à l’ultime action des fans consistant à déposer symboliquement leur matériel de soutien ce vendredi, le club répond aux abonnés absents via Mickaël Debève : « Je garde mon énergie pour le match de Bordeaux (…), les vrais supporteurs nous soutiendront ».

Ce jeu de défiance a presque fait oublier les derniers soubresauts dans l’effectif, comme la blessure diplomatique de Gianelli Imbula, écarté dans les faits par manque d’investissement. L’ancien « futur crack » aura davantage encore déçu sur le plan humain que sportif cette saison. La survie ce sera sans lui.

La dernière ligne droite des équipes en lutte pour le maintien

*Matchs à domicile en écriture verte, matchs à l’extérieur en écriture rouge.

37e journée

38e journée

SM Caen 37 pts

Nice

Paris SG

LILLE OSC 35 pts

Dijon

Saint-Étienne

RC Strasbourg 35 pts

Lyon

Nantes

Toulouse FC 34 pts

Bordeaux

Guingamp

ESTAC Troyes 32 pts

Montpellier

Monaco

Les groupes pour Bordeaux-Toulouse

TFC

Goicoechea-Lafont / Amian-Diop-S.Fortes-Jullien-Sylla-Yago / Blin-Boisgard-Durmaz-Sangaré-Somalia / Delort-Gradel-Jean-Sanogo-Toivonen

Blessés : Cahuzac-Imbula-Mubele

Suspendu : Moubandjé

Non retenus par choix de l’entraîneur : Bodiger-Sebban-Vidal

BORDEAUX

Costil-Poussin / Contento-Koundé-Lewczuk-Pablo-Poundjé-Sabaly / Lerager-Malcom-Meité-Plasil-Otavio-Vada / Braithwaite-De Préville-Kamano-Laborde

Blessés : A.Mendy-Prior-Sankharé

Non retenus par choix de l’entraineur : Baysse-J.Cafu-Gajic-Pellenard-Tchouaméni-Verdon-Z.Youssouf

La conférence de presse d’avant-match de Mickaël Debève

http://www.tfc.info/va-se-maintenir

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