Mondial 2018 : Ces équipes que l’on pourra soutenir sans (trop) passer pour des footix V.2

Depuis la défaite en finale de l’Euro 2016, le doute s’est insinué concernant l’aura de Dédé La Chance et ses Bleus. Si la France est armée pour aller loin dans la compétition, l’hypothèse d’une élimination prématurée n’est pas à écarter, d’où la nécessité de s’attacher à d’autres équipes. En la matière certains choix s’avèrent plus défendables que d’autres.

Option 1 : La Belgique

Dans quel groupe déjà ? Le G dont elle est tête de série, avec le risque limité de se faire voler la vedette par une Angleterre en reconstruction, une Tunisie de nature naïve (voir par ailleurs) et un Panama présent par miracle.

Leurs joueurs-stars : Thibaut Courtois (Chelsea), Vincent Kompany (Manchester City), Kevin De Bruyne (Manchester City), Thomas Meunier (Paris SG), Eden Hazard (Chelsea), Romelu Lukaku (Manchester United), Dries Mertens (Naples).

Signe particulier : 3e du classement FIFA, ce qui prouve peanuts sinon un attrait certain pour dérouler en qualifications et remporter des matchs amicaux. Sachant que des pays non qualifiés pour le mondial sont à ce jour installés dans le top 20 du dit classement (Chili, Pays-Bas, Pays De Galles, Italie). La Belgique a même été décrétée 1ère du classement il y a peu.

Et ils peuvent aller loin ? Cela aurait tendance à devenir une rengaine, mais oui on veut y croire cette fois ! Après une longue traversée du désert (absente des mondiaux 2006 et 2010, ainsi que des euros 2004, 2008 et 2012), la nation de la frite l’a précisément retrouvée lors des éliminatoires du mondial 2014 avec l’éclosion d’un groupe exceptionnel, mené par des joueurs-clés dans les plus grands clubs européens. Hélas, aussi bien au Brésil qu’en France lors de l’euro 2016 l’aventure s’est achevée en quarts de finale avec une bonne dose de regrets, tant Argentine comme Pays De Galles n’étaient pas supérieurs sur le papier.

Pourquoi c’est un choix privilégié pour un fan français ? Parce que le Belge sera toujours l’anti-allemand dans l’imaginaire français, à savoir un gars que l’on suppose gentil sitôt a-t-il ouvert la bouche. Et puis lorsque des images nous montrent le groupe belge détendu et blagueur à l’entraînement, on trouve ça frais et sympa. La même chose avec nos Bleus, on parlera d’excès de confiance ou de suffisance.

La boutade facile du nouveau supporteur : « Vincent, pour lui fausser Kompany il a intérêt à se lever tôt l’attaquant ! »

Option 2 : La Suisse

Dans quel groupe déjà ? Le E, même lettre qu’il y a quatre ans, et encore une fois au côté d’un gros, pour ne pas dire LE gros du tournoi, le Brésil. Bonne probabilité d’aller en huitièmes tant elle n’a rien à envier au Costa Rica ou la Serbie, autres membres du groupe.

Leurs joueurs-stars : Stephan Lichsteiner (Juventus), Ricardo Rodriguez (Milan AC), Valon Behrami (Udinese), Xherdan Shaqiri (Stoke City), Granit Xhaka (Arsenal), Haris Seferovic (Benfica Lisbonne).

Signe particulier : Leur meilleure performance en Coupe du Monde remonte à 1954…en Suisse, un quart de finale à une époque où les huitièmes de finale n’existaient pas, ça aide.

Et ils peuvent aller loin ? En huitièmes de finale donc, comme d’hab. Et autant que l’élimination se déroule à l’arrachée à l’issue d’une prolongation ou de tirs aux buts contre un adversaire poussif. Après l’Ukraine en 2006 et l’Argentine en 2014, l’Allemagne – probable premier du groupe F – dans le rôle du fossoyeur ?

Pourquoi ils sont un choix privilégié pour un fan français ? Pour une fois que les Suisses ne sont pas dans le groupe de la France on ne va pas les bouder quand même ! Plus de Sepp Blatter en tête d’affiche pour leur mettre la honte, soit une innocence retrouvée au pays du mystère bancaire. Et puis même s’il joue rarement, le Toulousain François Moubandjé portera le rôle de représentation de la Ligue 1 sur ses épaules.

La boutade facile du nouveau supporteur : « Avec un joueur nommé Granit en milieu récupérateur, je comprends enfin la notion de bloc-équipe. »

Option 3 : Le Sénégal

Dans quel groupe déjà ? Le plus ouvert du tournoi, soit le H où derrière la favorite Colombie, pourtant pas tête de série, se débattront Polonais et Japonais.

Leurs joueurs-stars : Kalidou Koulibaly (Naples), Youssouf Sabaly (Bordeaux), Cheikh N’Doye (Birmingham City), Idrissa Gueye (Everton), Keita Baldé (Monaco), Sadio Mané (Liverpool), Mbaye Niang (Torino), Moussa Sow (Bursaspor).

Signe particulier : Niang, Diouf, N’Diaye, Diallo tous les noms traditionnels de footeux sénégalais sont de la partie à l’exception de Diop.

Et ils peuvent aller loin ? Tombé a priori du bon côté du tableau, les Lions de la Teranga seraient bien inspirés de reproduire leur parcours de 2002, fameux quart de finale seulement perdu au but en or face aux Turques. Quant à voir un pays africain en demi d’une Coupe du Monde, la liberté de rêver s’arrête où commence la main de Suarez.

Pourquoi ils sont un choix privilégié pour un fan français ? Seize ans déjà. Un match d’ouverture défiant toute notion de tactique, une danse endiablée de Bouba Diop au nez et à la barbe de la défense française, puis TF1 qui s’amourache non sans intention vénale d’une équipe alors composée pour l’essentiel de joueurs de Ligue 1. Les cocus contents du PAF rebondissaient ainsi sur leurs pieds après le flop invraisemblable de leur vache à lait tricolore. France Football y allait même d’un « Nous sommes tous des Sénégaulois ! » en une suite à la qualification face à la Suède. Gageons que la recette peut ressortir des cartons à tout moment.

La boutade facile du nouveau supporteur : « Je comprends pas pourquoi Lamine Gassama ne tente pas de frapper de loin »

Option 4 : Le Maroc

Dans quel groupe déjà ? Le B, pris entre les feux des rivaux de la Péninsule Ibérique (Espagne et Portugal pour les nuls en géographie) et d’une Iran ne respirant pas la sérénité.

Leurs joueurs-stars : Mehdi Benatia (Juventus), Nabil Dirar (Fenerbahçe), Younès Belhanda (Galatasaray), Hakim Ziyech (Ajax Amsterdam), Amine Harit (Schalke 04), Khalid Boutaïb (Yeni Malatyaspor).

Signe particulier : 41e au classement FIFA, donc censément inférieur à ce jour aux deux équipes d’Irlande, au Venezuela, à la RD Congo…et à l’Iran! De quoi réussir d’autant mieux l’embuscade?

Et ils peuvent aller loin ? Absent des quatre dernières éditions, le Maroc avait laissé une forte impression en 1994 et 1998 en dépit d’éliminations au premier tour. Et un souvenir encore meilleur en 1986 avec un huitième de finale atteint suite à une victoire en poule contre le Portugal (3-1), bis repetita face à CR7 and co ?

Pourquoi ils sont un choix privilégié pour un fan français ? Si la chemise « tradition colon » du sélectionneur Hervé Renard ne suffit pas à gommer les réticences, on peut s’attacher à nos deux représentants de Ligue 1 dans le groupe : Youssef Aït-Bennasser (Caen) et Hamza Mendyl (Lille), toutefois remplaçants. Alors quoi d’autre ? Une solidité défensive cultivée un peu partout en Europe, qui rappelle étrangement celle des Bleus de 1998.

La boutade facile du nouveau supporteur : « C’est bien connu, solide comme le MaROC ! »

Option 5 : La Tunisie

Dans quel groupe déjà ? G, idem à la très attendue Belgique, tandis qu’Anglais et Panaméens font presque autant figures d’underdogs.

Leur joueur-star : Wahbi Khazri (Sunderland/Rennes)

Signe particulier : Un effectif parmi les moins expérimentés de ce mondial. Quatorze joueurs comptent moins de vingt sélections

Et ils peuvent aller loin ? Hmm. Malgré trois participations de rang entre 1998 et 2006, la Tunisie est restée nostalgique de son unique succès en Coupe du Monde acquis en 1978 face au Mexique (3-1). De l’avis de nombreux observateurs, il s’agit d’une équipe belle à voir jouer, mais trop légère mentalement, pas assez tueuse dans l’âme. Un style de jeu souvent naïf, lui ayant valu d’être pris au piège d’adversaires plus vicieux, à l’image des Ukrainiens en 2006 pour qui s’en souvient.

Pourquoi ils sont un choix privilégié pour un fan français ? Car c’est tout simplement la sélection hexagonale Ligue 1/Ligue 2 par excellence avec pas moins de six représentants, du gardien remplaçant Castelroussin Mouez Hassen au joker offensif Niçois Bassem Srarfi en passant par le Dijonais Oussama Haddadi. Bon ok rien de bien prestigieux en dehors de la star Khazri, mais l’amitié franco-tunisienne n’est plus à prouver, quitte à revenir à l’essence de ce qui fait le sport français : la défaite magnifique.

La boutade facile du nouveau supporteur : « Tu veux prendre des sous tranquilles au Parions Sport, tu paries sur la Tunisie, ben oui tu te fais de la thune easy »

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