Preview UFC 228 – Woodley et Montano attendus au tournant ! (ACTUMMA.COM)

Un mois après un double championnat du monde en Californie, le Texas a le droit à des enjeux similaires. En point d’orgue le retour de Tyron Woodley, détenteur des welters, absent de l’Octogone depuis plus d’un an. Couronnée dans la nouvellement créée catégorie mouches féminine fin 2017, Nicco Montano a dû attendre une challengeuse crédible pour qu’arrive sa première défense de titre. Ajoutez à cela quelques sensations à surveiller et une flopée de stars en carte préliminaire et vous avez sur le papier un des shows de l’année.

Championnat poids welters : Tyron Woodley (18-3-1) vs Darren Till (17-0-1)

Comme chez beaucoup de combattants, il faut distinguer chez T-Wood la phase de conquête de la phase de règne. Lorsqu’il chassait le titre welters de l’UFC, le membre de l’American Top Team possédait un style de lutte agressive, doublée d’un striking tranchant lui permettant de dominer en un round des Josh Koscheck, Dong Hyun Kim et même le champion Robbie Lawler en juillet 2016. Depuis cette prise de titre, il a dérivé vers un style plus calculateur, économe en coups et centré sur les esquives avant les attaques. Les deux manches face à Stephen Thompson se sont caractérisées par un profond ennui, et le constat fut encore plus critique devant un Demian Maia présentant moins d’atouts en stand up. Le champion a depuis plus d’un an repoussé les challenges éventuels, sous des prétextes plus ou moins valables. Une situation d’autant plus ubuesque que Woodley se montrait souvent dans les gradins des live shows. Mais voilà que des jeunes loups sans complexe ont émergé dans le même temps pour contester son leadership. Sacré champion intérimaire il y a peu, Colby Covington devra attendre son tour au bénéfice de l’audacieux Darren Till, actuel #2 de la catégorie. Cadet de Woodley de dix ans, le natif de Liverpool s’est construit via le muay thaï pendant l’adolescence mais a dû partir au Brésil pour devenir un combattant de MMA à part entière, via notamment la Luta Livre. Son parcours fait figure de météorite : débuts pros en février 2013, douze victoires de rang plus tard une signature à l’UFC en mai 2015, six combats dans l’Octogone et le voilà doté d’un title shot. Il faut dire que l’Anglais est toujours invaincu et particulièrement dominateur lors de ces joutes (bien que quatre des six duels à l’UFC sont allés à la décision). Cerise sur le gâteau, Till est spectaculaire sur la forme et un bon showman au micro. Ses aspects ont été retenus en sa faveur pour cet accessit, ce qui explique d’avoir passé l’éponge sur ses deux manquements au poids face à Jessin Ayari et Stephen Thompson. L’Anglais saura-t-il bousculer la routine du champion et sortir le public de sa torpeur ?

Championnat poids mouches femmes : Nicco Montano (4-2) vs Valentina Shevchenko (15-3)

Rare cas de figure que cette opposition : une challengeuse comptant trois fois plus de combats que la championne. Une aberration liée au pari fou entrepris lors du Ultimate Fighter de la fin d’année 2017 offrant à sa vainqueur la première couronne de la division des 56 kg. À la base une des plus mal classées des seize participantes (#14), la peu expérimentée Nicco Montano a déjoué tous les pronostics en venant notamment à bout des trois meilleures sur le papier : Roxanne Modafferi, Barb Honchak et Lauren Murphy. Ces figures importantes de l’Invicta FC, compagnie 100 % féminine, ont été étonnamment baladé par une combattante à la transition MMA tardive. À bientôt trente ans, Montano compte seulement trois ans de professionnalisme et six combats officiels (dont deux défaites). Malgré son identité américaine, elle est davantage experte en jiu-jitsu brésilien qu’en lutte et peut aussi s’appuyer sur une boxe appréhendée à l’adolescence. Aussi sera-t-elle encore une fois l’underdog face à la multi-spécialiste Valentina Shevchenko, aussi à l’aise dans son taekwondo originel qu’en judo, sans compter le kickboxing et le muay thaï dans lesquels elle a mené une riche carrière. Depuis son arrivée sur le circuit US en 2015, la destructrice venue du froid a seulement été dominée aux points (à deux reprises) par la Brésilienne Amanda Nunes, championne de la division du dessus. Pour son retour chez les mouches en février dernier, Shevchenko a infligé une véritable dérouillée à l’arrivante Priscila Cachoeira, alors invaincue. C’est bien à une émergence annoncée que l’on devrait assister à Dallas.

Poids plumes : Zabit Magomedsharipov (15-1) vs Brandon Davis (9-4)

Déjà la quatrième pige octogonale pour le flambant Zabit Magomedsharipov dont les débuts en 2017 avaient mis tout le monde d’accord. De par son striking atypique hérité d’un attelage de disciplines aussi diversifiées que le Wushu et le Sanda, le Russe a électrisé l’assistance comme les décideurs de l’organisation numéro un dans le monde. Sur une série de trois bonus de rang dans l’escarcelle, il pourrait battre tous les records en restant à ce rythme. Et si Brandon Davis, disciple du remarquable Alan Belcher, avait l’idée saugrenue de déplacer l’affrontement sur le terrain du grappling ? Pas forcément le meilleur plan tant son opposant a une palette toute aussi complète dans les disciplines de saisies, notamment un apprentissage du jiu-jitsu brésilien aprés de Ricardo Almeida. Autrement dit là aussi un combat où un net favori se détache.

Poids pailles femmes : Karolina Kowalkiewicz (12-2) vs Jessica Andrade (18-6)

Comment se remettent en selle des challengeuses infortunées ? Même équation à résoudre pour les concurrentes du soir, dominées récemment par l’ex-épouvantail de la division Joanna Jedrzejczyk. C’était avant l’avènement de la surprenante Rose Namajunas, désormais le front marqué d’une cible. Entre la Polonaise Kowalkiewicz et la Brésilienne Andrade, quelques années d’écart mais beaucoup en commun. À commencer par la pratique du muay thaï et un certain déficit de puissance : seulement cinq KO/TKO obtenus en 24 combats pour la native de Parana contre…un seul KO à l’actif de la championne emblématique du KSW. Comme la plupart des combattantes à ce poids minimum, elles sont davantage axés sur l’usure, le travail de sape que sur la puissance. Plus constante sur la durée, Kowalkiewicz saura-t-elle imposer son style quinze minutes durant à une Andrade davantage créative ?

Poids welters : Abdul Razak Alhassan (9-1) vs Niko Price (12-1 + 1 NC)

Révélé au Bellator, le Ghanéen Alhassan s’est avéré tout aussi efficace à l’UFC depuis son arrivée fin 2016. En dehors de son unique revers (par décision partagée) face à Omari Akhmedov, il compte neuf succès par KO/TKO, tous obtenus au premier round. Un sacré exploit pour un spécialiste de judo s’étant rapidement aguerri sur le circuit américain. Autre prospect talentueux face à lui, le tout aussi tranchant Niko Price, allé une seule fois à la décision en 14 combats pros. Miné par une défaite par soumission face à Vicente Luque et une victoire requalifiée en no contest suite à test positif à la marijuana, l’Américain demeure une des grandes sensations de sa catégorie, lui surnommé The Hybrid pour sa capacité à modeler son style en fonction de l’adversaire. Il est d’ailleurs un des rares combattants à avouer étudier les combats des adversaires qu’on lui désigne. Sa technique aura-t-elle raison de la force de frappe d’Alhassan ?

Un mot sur la carte préliminaire : Des héros si discrets

Un record va tomber lors de cet UFC 228, a priori dans l’indifférence générale. Profitant de la retraite de Michael Bisping et de l’espacement du calendrier de ses poursuivants, Jim Miller va devenir le fighter au plus grand nombre de combats (30) livrés dans l’Octogone. Sa spirale de défaites le prive d’une place de choix dans la carte principale. Qu’importe, son combat en fin d’après-midi aura paradoxalement plus de chances d’être vu car diffusé sur les réseaux via l’UFC Fight Pass et non en pay per view. Diego Sanchez, l’un des premiers vainqueurs de The Ultimate Fighter n’est pas loin de se classer dans la même catégorie avec un 28e duel à venir. Ironie de l’histoire, leurs adversaires respectifs du soir portent tous deux le nom de White sans avoir un lien familial. Autres fighters bien connus des services à combattre en début de soirée, l’ancienne championne poids pailles Carla Esparza, Cody Stamann le tombeur de Tom Duquesnoy ou encore l’ancien challenger des mouches John Dodson, remonté chez les coqs suite à son échec face à Demetrious Johnson.

Terminons avec le rappel du programme complet de ce show.

UFC 228– 8 septembre 2018 Dallas, Texas (American Airlines Center)

Carte principale

Championnat UFC Welterweight : Tyron Woodley © vs Darren Till

Championnat UFC Women’s Flyweight : Nicco Montano © vs Valentina Shevchenko

Catégorie Featherweight : Zabit Magomedsharipov vs Brandon Davis

Catégorie Women’s Strawweight : Karolina Kowalkiewicz vs Jessica Andrade

Catégorie Welterweight : Abdul Razak Alhassan vs Niko Price

Carte préliminaire

Catégorie Women’s Strawweight : Carla Esparza vs Tatiana Suarez

Catégorie Bantamweight : Aljamain Sterling vs Cody Stamann

Catégorie Bantamweight : Jimmie Rivera vs John Dodson

Catégorie Middleweight : Darren Stewart vs Charles Byrd

Carte pré-préliminaire

Catégorie Welterweight : Diego Sanchez vs Craig White

Catégorie Lightweight : Jim Miller vs Alex White

Catégorie Women’s Bantamweight : Irene Aldana vs Lucile Pudilova

Catégorie Flyweight : Jarred Brooks vs Roberto Sanchez

Catégorie Welterweight : Frank Camacho vs Geoff Neal

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