Critiques Cinéma Novembre 2018 (Allociné)

Un mois débutant en douceur pour finalement être rehaussé par le festival de cinéma britannique Under My Screen (Espace Diamant, Ajaccio). Comme toute manifestation de ce type, ce fut l’occasion de découvrir des horizons méconnus, et profiter de films en avant-premières nationales ou sortis en salles de manière confidentielle.

LE GRAND BAIN (France, sorti le 24 octobre 2018) de Gilles Lellouche, avec Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Jean-Hugues Anglade, Virginie Effira… ***

C’est dans les couloirs de leur piscine municipale que Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry et les autres s’entraînent sous l’autorité toute relative de Delphine, ancienne gloire des bassins. Ensemble, ils se sentent libres et utiles. Ils vont mettre toute leur énergie dans une discipline jusque-là propriété de la gent féminine : la natation synchronisée. Alors, oui c’est une idée plutôt bizarre, mais ce défi leur permettra de trouver un sens à leur vie…

Impression troublante, pour ne pas dire dérangeante, au sortir de ce qui était annoncée depuis des mois comme « la comédie de l’année ». De fait le succès au box-office ne se dément pas pour ce film chorale à la galerie d’acteurs exceptionnels : un Guillaume Canet à contre-courant en mec aigri, un Mathieu Amalric décidé à bouleverser un mode de vie hypocryte, un Benoît Poelvoorde drôlissime en patron roublard ou encore un Jean-Hugues Anglade ressuscité en musicien raté. L’atmosphère est à la mélancolie durant les trois quarts du film, chaque personnage étant miné par une vie privée insatisfaisante quand ce n’est pas carrément par une pathologie (mythomanie et alcoolisme pour Virginie Effira). La réussite de l’entreprise tient justement à sa capacité à tourner en dérision cette part importante de drame social, n’inspirant jamais le pathos pour mieux pointer l’immaturité de nos héros pieds nickelés. Mentionnons l’hilarante scène du « casse » ou ces « afters » de séances d’entraînement où les fêlures se dévoilent sous formes de boutades. L’aspect comédie passe un cap avec l’introduction de la coach remplaçante impitoyable et d’un montage dynamique à la Rocky.

Dommage que le rebondissement final tombe à l’eau par l’usage d’un ressort scénaristique allant à l’encontre du message porté par les personnages. D’autant que l’on se raccroche maladroitement à une scène initiale pourtant splendide. N’était-il pas préférable de creuser le sillon des perdants magnifiques jusqu’au bout ?

HALLOWEEN (États-Unis, sorti le 24 octobre 2018) de David Gordon Green, avec Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak… *

Laurie Strode est de retour pour un affrontement final avec Michael Myers, le personnage masqué qui la hante depuis qu’elle a échappé de justesse à sa folie meurtrière le soir d’Halloween 40 ans plus tôt.

À l’exception d’une scène pré-générique prometteuse, rien à l’horizon. L’esquisse du profiling et de l’aspect psychologique est gommé rapidement pour céder à la facilité d’un slash movie ne rendant même pas grâce (le comble!) au produit originel. Car pour cette « nuit des masques » 40 ans après la première du nom, le scénario a usé du stratagème d’ignorer toutes les suites réalisées pour se poser en seule alternative sérieuse. Aussi le projet a-t-il réussi à embarquer la muse du tueur Michael Myers, à savoir Laurie (Jamie Lee Curtis qui signe un retour extrêmement gênant) pour corroborer un internement continu depuis les cinq meurtres commis dans le premier volet. Cette « tricherie » aurait pu revêtir un intérêt dans le cadre d’un approfondissement des deux personnalités phares de la saga. Au lieu de quoi, toute humanité est nié au tueur qui enchaîne les boucheries sans distinction (flopée de personnages secondaires caricaturaux sortis tout droits des 80’s) et échappe à toutes douleurs, le tout sans prononcer la moindre parole. Le manque de rationalité de l’ensemble aurait pu être voulu et accepté si le jeu très premier degré de Jamie Lee Curtis ne rappelait au sérieux affiché. Les tueries, en dépit d’une surenchère sur la forme, perdent rapidement de leur impact, avant une séquence finale venant carrément insulter l’intelligence du spectateur. Qu’un personnage saisi par la peur fasse un choix irraisonné passe encore, sauf lorsqu’il s’agit d’une héroïne s’étant longuement préparée à « l’affrontement de toute une vie ». Si le ridicule de la forme ne suffisait pas, le choix de laisser une porte ouverte à un come-back est susceptible d’irriter un peu plus le fan du film initial. Certaines suites antérieures, toutes aussi mauvaises sur le fond, avaient au moins le mérite de dégager un côté fun ou décalé. Voir par exemple les deux volets réalisés par Rob Zombie.

UN HOMME PRESSÉ (France, sorti le 7 novembre 2018) de Hervé Mimran, avec Fabrice Lucchini, Leïla Bekhti, Rebecca Marder … **1/2

Alain est un homme d’affaires respecté et un orateur brillant. Il court après le temps. Dans sa vie, il n’y a aucune place pour les loisirs ou la famille. Un jour, il est victime d’un accident cérébral qui le stoppe dans sa course et entraîne chez lui de profonds troubles de la parole et de la mémoire. Sa rééducation est prise en charge par Jeanne, une jeune orthophoniste. À force de travail et de patience, Jeanne et Alain vont apprendre à se connaître et chacun, à sa manière, va enfin tenter de se reconstruire et prendre le temps de vivre.

C’est maintenant intégré dans la culture cinéphile : on ne va pas voir un film avec Luchini mais on va voir un Luchini, comme dans le temps on allait voir un Belmondo ou dans un autre registre un Stallone. Nous nous trouvons avec le prototype de l’acteur qui transcende n’importe quel rôle, sujet, trame, jusqu’à faire oublier toute la machinerie qui l’entoure. Souvent grâce à un registre survolté et lyrique lui étant propre. Or on retrouve ici un acteur davantage dans la retenue, contraint par sa composition d’un chef d’entreprise odieux retombé de son piédestal quand ses conditions de santé prennent le dessus. On suit donc sa convalescence et les remises en causes les accompagnant : vis-à-vis de ses interlocuteurs du milieu médical, ses salariés et surtout sa propre fille. Si le film est assez drôle, aspect plombé cependant par la répétitivité des gags autour des problèmes de prononciation, il est essentiellement touchant. Quelques lourdeurs et mini-intrigues parallèles dont on aurait pu se passer (doublon sur la filiation avec le personnage de Jeanne), sauvées par un finish rafraîchissant autour d’un pèlerinage à St Jacques de Compostelle. Une ode au temps plutôt qu’à l’argent, à la recherche d’une proximité perdue et finalement de sa propre humanité.

LOLA ET SES FRÈRES (France, sorti le 28 novembre 2018) de Jean-Paul Rouve, avec Ludivine Sagnier, Jean-Paul Rouve, José Garcia… ***

Lola a deux frères : Benoit, qui se marie pour la troisième fois, et Pierre, qui débarque en retard au mariage…Excuses, reproches, engueulades, brouilles, chacun essaye de vivre sa vie de son côté. Benoit va devenir père sans y être prêt. Lola fait la rencontre de Zoher alors qu’elle s’occupe de son divorce. Quant à Pierre, ses problèmes professionnels s’enveniment. Tout dans leur vie devrait les éloigner, mais ces trois-là sont inséparables.

Rien de tel que de commencer un film par une scène de mariage pour créer une empathie immédiate avec l’ensemble du casting. Nous sommes d’abord pris à témoin de la distorsion au sein de cette famille ordinairement imparfaite. Une apparente réussite sociale (l’un opticien, l’une avocate, le troisième architecte) parvient de plus en plus péniblement à masquer les importantes zones d’ombres et non-dits. Cependant, Soeur et frères vont devoir faire face, chacun de leur côté, à un bouleversement social/économique susceptible de remettre à plats leurs relations. Pour finalement pouvoir les affronter unis ? L’attachement est immédiat, en grande partie dû à des acteurs dégageant un naturel bluffant, mais aussi à un équilibre scénaristique bien pensé, à des idées loufoques formidablement approfondies (les lubies technologiques de l’opticien, les réunions explicatives devant la tombe des parents) et à un ton restant léger de bout en bout. Mention spéciale pour Jean-Paul Rouve, enfilant aussi la casquette de réalisateur pour s’offrir une composition sur-mesure, toujours aussi solaire, toujours aussi palpable, toujours aussi « monsieur tout-le-monde », incluant ce type de défauts caricaturaux devenant adorables. Seul bémol, à vouloir résoudre tous les problèmes soulevés, on aboutit à un méga happy end généralisé et un poil poussé. Dans l’intervalle on aura ri, pleuré, stressé avec les protagonistes, soit une bonne dose des émotions dont on attend la transmission de la part du Septième Art.

JERSEY AFFAIR (Angleterre, festival Under My Screen) de Michael Pearce(II), avec Jessie Buckley, Johnny Flynn, Geraldine James… ***

Sur l’île de Jersey, une jeune femme tombe amoureuse d’un homme mystérieux. Cette rencontre la pousse à fuir sa famille tyrannique. Alors que l’homme est soupçonné de plusieurs meurtres, elle le défend aveuglement.

Une jeune fille de bonne famille manque d’être violé lors d’une soirée arrosée, sauvée in extremis par Pascal, belle gueule cassée furetant dans les parages. Elle trouve rapidement des prétextes pour le revoir, jusqu’à l’intégrer à marche forcée au sein de son clan familial conservateur. Ainsi débute ce Jersey Affair, comme une simple variante de l’éternel amour entre deux personnes de milieux sociaux opposés, un Romeo et Juliette moderne, à la tonalité tout aussi sombre. Or le sujet s’étoffe rapidement car les caractéristiques des personnages s’avèrent moins binaires qu’escomptées : le passé de Moll comporte autant de zones d’ombres que celui de son amant criminel. Leur rapprochement serait-il susceptible de réparer ces fêlures communes ? Et D’ailleurs Pascal est-il victime ou coupable face aux nouvelles suspicions pesant sur lui ? Son mode de vie chaotique trouvera-t-il écho dans la volonté d’émancipation de Moll ? Au-delà de la dimension thriller savamment entretenue, le film interroge sur l’affrontement intérieur de l’être humain entre son besoin d’ancrage et ses envies d’ailleurs. Dilemme rarement résolu sinon par une extériorisation, éventuellement violente comme dans le cas de ce couple maudit. Ainsi un troisième personnage, impalpable, domine les enjeux : l’île de Jersey elle-même. Son poids est ressenti à chaque instant, bien nourri par l’expérience personnelle du réalisateur Michael Pearce qui en est originaire. Le dénouement, terrible et inattendu, transforme cette amourette insulaire en conte macabre. Un film saisissant qui laisse une belle boule à l’estomac. Récompensé d’ailleurs par plusieurs statuettes napoléoniennes (matérialisation des prix décernés par le festival Under My Screen).

HOW TO TALK TO GIRLS AT PARTIES (Angleterre, festival Under My Screen) de John Cameron Mitchell, avec Elle Fanning, Alex Sharp(II), Nicole Kidman…*1/2

1977 : trois jeunes anglais croisent dans une soirée des créatures aussi sublimes qu’étranges. En pleine émergence punk, ils découvriront l’amour, cette planète inconnue et tenteront de résoudre ce mystère : comment parler aux filles en soirée…

La mise en place d’un univers déjanté ne saurait s’exonérer de sens, et de quelques garde-fous pour cadrer une multitude d’idées. Postulat équivalent au « sans maîtrise la puissance n’est rien » d’une célèbre marque pneumatique. Aussi peut-on pointer rapidement les défauts de cette cavalcade mixant le punk adolescent et la science-fiction loufoque. Sur le principe, on aurait voulu adorer l’audace créative. Pourtant, tout s’effondre rapidement par surdosage des bizarreries concernant les colonies extra-terrestres. La soirée de révélations s’éternise et bascule dans des séquences nanardesques. De plus le film ne recèle pas de cette part de sociologie suggérée dans son pitch, il ne ressort guère d’enseignements à l’issue de la projection. Quelques fulgurances bienvenues viennent éviter l’ennui (la chanson interprétée de manière survoltée par le duo Enn-Zan) sans que l’on parvienne à dépasser un statut d’American Pie boursouflé. Peut-être une des pistes pour expliquer sa confidentialité à sa sortie l’été dernier, et ce malgré un casting prestigieux (Elle Fanning très fraîche en visiteuse naïve, Nicole Kidman stupéfiante en égérie punk) et un réalisateur bénéficiant d’une bonne hype, John Cameron Mitchell (Hedwig and the angry inch, Shortbus, Rabbit hole). Le délire des acteurs transpire à chaque plan, non sans exclure celui du téléspectateur. On espérait une fable cosmique, on se retrouve avec une variante de La soupe aux choux carrément indigeste.

DEAD IN A WEEK (Angleterre, festival Under My Screen avant-première) de Tom Edmunds, avec Aneurin Barnard, Tom Wilkinson, Marion Bailey… ***

Après plusieurs tentatives de suicide, un homme engage un tueur à gages sur le point de prendre sa retraite pour se faire tuer. Mais alors que le contrat est signé et que sa mort est garantie dans la semaine, il découvre finalement une raison de vivre.

Un film on ne peut plus joyeux sur le thème du suicide. Si ce genre de contre-pied entre sujet et traitement est devenu relativement courant, la réussite de l’amalgame n’est pas donné à tout le monde. Tom Edmunds, dont il s’agit du premier long-métrage, récite sa gamme avec le savoir-faire du cinéphile ayant su laisser germer son projet. Nous retrouvons pas mal d’ingrédients des frères Coen ou de Quentin Tarantino dans sa mécanique humoristique, comme de son approche du gangstérisme. Son héros ; un écrivain frustré (Aneurin Barnard, entre passion er fragilité, a la gueule de l’emploi) trouve écho dans sa vocation lorsqu’il s’adresse à cet assassin professionnel sur la fin (Tom Wilkinson, dans un registre mélangeant flegme et panache). Un zèle maladif le conduira à honorer le contrat passé en dépit du revirement de sa victime/commanditaire. D’où un enchaînement de situations burlesques bien amenées. De belles idées viennent garnir de chair un point de départ minimaliste (brochure pour choisir sa mort, fonctionnement de la société de tueurs comparable à celui d’une entreprise commerciale telle une agence immobilière) pour donner un plus grand retentissement. Malgré une petite perte d’intensité au milieu du récit (à partir de la fuite du jeune homme et de l’employée de maison d’édition devenue sa copine), le film conserve une belle consistance pour éviter les retournements de situation convenus. Un message humaniste l’emporte, grâce notamment à une scène de fin ouvrant la réflexion sur la bonne manière de mourir, à défaut d’avoir vécu tout ce que l’on aurait voulu. Sans jamais trahir l’essence du propos ou de ses personnages. Une œuvre fédératrice qui a conquis le public du festival (gain de l’ensemble des prix « populaires »).

COLETTE (Angleterre/États-Unis, festival Under My Screen avant-première) de Wash Westmoreland, avec Keira Knightney, Dominic West, Eleanor Tomlinson…***1/2

1893. Malgré leurs quatorze ans d’écart, Gabrielle Sidonie Colette, jeune fille à l’esprit rebelle, épouse Willy, écrivain aussi égocentrique que séducteur. Grâce à ses relations, elle découvre le milieu artistique parisien qui stimule sa propre créativité. Sachant repérer les talents mieux que quiconque, Willy autorise Colette à écrire – à condition qu’il signe ses romans à sa place. Suite au triomphe de la série des Claudine, il ne tarde d’ailleurs pas à devenir célèbre. Pourtant, tandis que les infidélités de Willy pèsent sur le couple, Colette souffre de plus en plus de ne pas être reconnue pour son œuvre…

Passé l’incongruité de voir un biopic sur Sidonie-Gabrielle Colette, égérie de la culture française du début du XXe, tourné en langue anglaise, il faut bien saluer la mission comme accomplie. Sitôt le générique de fin démarré, on n’a qu’une envie : se jeter sur toute la documentation disponible pour approfondir notre connaissance sur ce personnage précurseur. Au-delà de l’écrivaine talentueuse est dressé le portrait d’une femme du monde ayant eu trois coups d’avance sur les modes comme sur les mœurs. Le film raconte une émancipation, d’abord vis-à-vis d’une sexualité trop rigoureuse, puis d’un mari tirant la couverture à lui, et enfin d’une vie mondaine ennuyeuse à laquelle elle opposera le sens de la provocation, du scandale élégant, des actes visionnaires. Plutôt qu’un traitement exhaustif imparfait, l’histoire se concentre sur l’émergence de l’auteure avec un focus sur ses premiers succès, la série des Claudine. L’emphase est mise sur un Paris enjoué et innocent, loin de préfigurer la première guerre mondiale proche. Même la forme classiciste de la mise en scène ne gâche pas la portée du récit. Cette vie, profondément romanesque par nature, méritait bien ce coup de projecteur cinématographique. En souhaitant que cela donne des idées à certains pontes du Septième Art en France.

THE BOOKSHOP (Angleterre/Allemagne/Espagne, festival Under My Screen avant-première) d’Isabel Coixet, avec Emily Mortimer, Bill Nighy, Patricia Clarkson…***

En 1959, à Hardborough une bourgade du nord de l’Angleterre la vie suit tranquillement son cours, jusqu’au jour où Florence Green décide de racheter The Old House, une bâtisse désaffectée pour y ouvrir sa librairie. Cela ne plaît pas à tout le monde, et en particulier aux notables du coin. Lorsque la libraire se met à vendre le sulfureux roman de Nabokov, Lolita, la communauté sort soudain de sa torpeur et manifeste une férocité insoupçonnée.

Le défi d’Isabel Coixet n’était pas gagné d’avance : rendre dynamique et viable l’histoire d’une librairie de village sur grand écran. Or on s’attache très vite à cette Florence Green revenue sur ses terres natales dans l’espoir de réaliser un vieux rêve. Au-delà de l’amour de la littérature, transpirant à chaque plan, le film décrit parfaitement les affres de l’esprit de clocher, d’une terre fermée sur l’entresoi où les notables locaux fixent l’horizon du possible. Spectateur à distance de la lutte entre la libraire idéaliste et la comtesse manipulatrice, le taciturne Edmund Brundish (Bill Nighy) constitue un manifeste pour la lecture à lui tout seul. Son jeu sobre n’a pas besoin de mille mots ou expressions pour être limpide, tout comme son statut d’ermite du village ne l’empêche pas d’être au courant de tout ce qu’il s’y passe. La drôlerie fine de certaines situations/dialogues se mêle à une ambiance mélancolique, notamment dans un final signant la cruelle victoire de la nature humaine.

OLD BOYS (Angleterre, festival Under My Screen avant-première) de Toby MacDonald, avec Alex Lawther, Pauline Etienne, Denis Ménochet… **1/2

Amberson, un élève brillant mais maladroit aide son camarade Winchester – beau mais pas très futé – à séduire la fougueuse Agnès, la fille de leur professeur de français.

Voilà le prototype de la comédie touchante mais imparfaite. Et peut-être même touchante car imparfaite. Une leçon de séduction bien particulière, variante kitsch de Cyrano de Bergerac enrichi d’idées modernes. Au-delà de la recherche du rire (et de son obtention), l’échange vidéo-épistolaire entre Winchester et Agnès est prompt à conquérir les plus romantiques ou amateurs du jeu du chat et de la souris. La localisation de cet épisode dans le cadre traditionaliste d’une école réservée aux garçons constitue un aspect essentiel. Et explique l’efficacité des gags. Entre les lignes c’est un propos contre l’uniformisation qui transpire, le droit à la différence, le rejet des traditions imposées et non choisies (ce mystérieux jeu de rugby-escalade) auxquelles on accorde une importance démesurée. Quand Agnès veut échapper au joug de ce père égocentrique, Amberson veut s’extraire de ce milieu beauf/viril qui le tyrannise. C’est de cette quête, idéaliste mais dénuée de happy end, dont le récit se veut le messager. Pas de la plus grande originalité certes.

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