Bilan Cinéma 2018 – Partie 3 : Flop 10

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Troisième et avant-dernière partie de bilan, le moment est venu de tailler plus franchement avec les dix plus mauvais long-métrages vus en salle l’année écoulée. Parmi eux deux productions Marvel, quelques films d’action sans âme, des mauvaises surprises et seulement deux films français mais pas des moindres !

FLOP 10 2018

1 GASTON LAGAFFE, de Pierre-François Martin-Laval (PEF)

Aucune difficulté pour attribuer cette peu glorieuse première place. Voilà un objet bien navrant qui semble s’adresser à aucun public en particulier (à la rigueur les enfants en bas âge), tout juste aux fans ultras de la BD ! Car PEF se défend de l’accusation de navet en démontrant avoir scrupuleusement respecté l’univers d’origine, grand bien lui fasse sinon de s’être rendu compte en chemin de l’inadéquation de la matière avec un long-métrage de cinéma, l’impossibilité de l’adapter sur 1h30 sans verser dans la lourdeur. La version de 1981, rejetée par Franquin en personne, avait déjà donné une idée de cette difficile entreprise, mais au moins se situait-elle dans une époque où les exigences d’humour étaient plus basiques. Impossible de rire en 2018 aux gags éculés de ce nouveau Gaston, pour la plupart de l’ordre physique (chutes répétées des personnages, portes piégées, vitres cassées) sur fond de scénario mal ficelé. Tout sauf un film.

2 24H LIMIT, de Brian Smrz

Prendre un concept novateur et ne pas l’exploiter du tout. La recette de l’échec de ce 24h limit se réduisant à un film de baston dans sa deuxième moitié au lieu d’étoffer l’aspect thriller/complot posé en amont. DVD à trouver rapidement dans un bac à 1 euro au marché aux puces.

3 LE CRIME DE L’ORIENT-EXPRESS, de Kenneth Branagh

Parait-il qu’à l’image de Gaston Lagaffe on a affaire à une adaptation très fidèle à l’outil originel. Trop fidèle sans doute pour devenir une œuvre cinématographique emballante. Passé un premier quart d’heure intriguant, que l’on connaisse le livre ou pas, le film nous assomme par une succession de témoignages sans relief. Vient enfin les déductions d’Hercule Poirot, fondées sur aucun élément perceptible par le spectateur, ou ne serait-ce que suggéré entre les lignes. Une résolution à l’allure paranormale qui laisse froid.

4 ACTION OU VÉRITÉ, de Jeff Wadlow

L’âge d’or des films d’horreur pour jeunes adultes est décidément derrière nous (Scream, Souviens-toi l’été dernier, Urban Legend, The Faculty fin 90’s/début 2000). Inutile de tenter de le faire revivre avec des projets aussi décousus que celui-ci. Les premiers éléments sont plutôt bien posés, nous rappelant le concept de la saga Destination Finale, la mort se chargeant de rattraper en personne ses ouailles. Hélas, à vouloir croiser sujets sociétaux et différentes sous-intrigues le film se noie dans un patchwork illisible.

5 ANT-MAN ET LA GUÊPE, de Peyton Reed

Film plutôt honnête de prime abord, sauf que grandement inutile dans le cadre du Marvel Cinematic Universe. On peut pointer aussi la faiblesse de l’intrigue, le peu de poids du/des ennemis et du cadre dans lequel ils évoluent. D’ailleurs les effets spéciaux mineurs traduisent le peu de budget consacré à cet opus par rapport aux autres Marvel sortis cette année. Il s’en faut d’une pirouette finale pour nous rappeler le rattachement des personnages avec les événements d’Avengers Infinity War. Insuffisant pour convaincre de son utilité.

6 BLACK PANTHER, de Ryan Coogler

Contrairement à son prédécesseur au classement, voilà un film pour lequel Marvel a mis les grands moyens niveau technique. Logique puisque le pays fictif décrit est censé être à la pointe de la technologie. L’intérêt réside davantage dans cet aspect avant-gardiste (le laboratoire de la sœur du héros en premier lieu) que de l’intrigue propre au Royaume du Wakanda. D’ailleurs le manque de charisme de Chadwick Boseman empêche de se passionner pour son personnage Le film a tant fédéré la presse pour la seule raison d’être le premier Marvel 100 % black qu’elle en a oublié les exigences cinématographiques les plus élémentaires.

7 EQUALIZER 2, d’Antoine Fuqua

Le ridicule ne tue pas. Contrairement à Denzel Washington qui s’en donne à cœur joie dans cette suite inattendue de cette vague adaptation d’une série TV oubliée. Tout ou presque est gratuit dans ce long-métrage rétro maladroit, irréaliste à la façon des « beat them all » d’un Schwarzenneger dans les 80’s, décousu tel un mauvais Van Damme ou Steven Seagal, empreint de fausses émotions et d’une morale douteuse. Les amateurs de Call of Duty ou Fortnite y trouveront peut-être leur compte, les cinéphiles repasseront.

8 EN LIBERTÉ, de Pierre Salvadori

Un beau foutoir ne se souciant jamais de rattacher les wagons : multiples triangles amoureux, agissements non sensés des quatre personnages principaux, effets carton-pâte désuets, lourdeur de tous les instants et peu de rires déclenchés à la clé. Pierre Salvadori s’est perdu corps et âme dans ce projet de ripoux moderne, entraînant dans sa chute des acteurs autrefois irréprochables (Adèle Haenel, Pio Marmai, Audrey Tautou).

9 HOW TO TALK TO GIRLS AT PARTIES, de John Cameron Mitchell

Quel gâchis ! Derrière la bonne idée de croiser l’avènement du punk avec l’invasion de tribus extra-terrestres se construit une œuvre inégale, versant aussi bien dans le film trash adolescent que dans la comédie d’arrière-garde façon La soupe aux choux. Desservi également par un titre et un pitch promettant de résoudre l’équation permettant d’aborder des filles en soirée (tout sauf le sujet du film), cette comédie british se distingue seulement pour offrir un rôle décalé à l’habituellement psycho-rigide Nicole Kidman.

10 FIRST MAN, de Damien Chazelle

Ça un chef d’œuvre ? Si un bon acteur ne suffit pas à faire un bon film, on sait désormais qu’un mauvais acteur peut tirer toute une œuvre vers le bas. Puisque personne n’ose « mettre en examen » le beau gosse Ryan Gosling, champion du visage figé et des films surcotés (Drive, Blade Runner 2049), pointons la faiblesse de son incarnation de Neil Armstrong, annihilant les émotions censés naître des scènes intimes derrière la grande Histoire de la conquête lunaire. De nature in-critiquable depuis le triomphe médiatique de La la land, le réalisateur Damien Chazelle sauve les meubles lors des séquences « à grand spectacle » mais manque le coche de l’humanisation du héros. Vu le thème et les hommes participant à l’entreprise, gageons qu’une pluie de nominations aux Oscars ne manquera pas de tomber…

 

À SUIVRE PARTIE 4 : PRÉ-ÉVALUATION DE 20 FILMS NON VUS EN 2018

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