Bilan Cinéma 2018 – Partie 4 Les non vus (potentiels tops & flops)

Quatrième et ultime partie, de nature davantage expérimentale que les précédentes. Sur le principe du « C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule », il s’agit ici d’imaginer les qualités et défauts d’importants films sortis en 2018 (en incluant la plateforme Netflix) sans les avoir vu.

POTENTIELS TOPS 2018

1 PHANTOM THREAD, de Paul Thomas Anderson

La vista du réalisateur Paul Thomas Anderson (Magnolia, Boogie Nights, There will be blood, The Master) associé au jeu inégalable de Daniel Day-Lewis sur fond polémique du milieu de la mode, avouez qu’il serait bien dur de produire un film raté avec de tels ingrédients. Alors sans être totalement affirmatif, voilà un candidat déclaré au rattrapage, bien que le voir sur TV ne vaudra jamais de l’avoir vu en salle.

2 CALL ME BY YOUR NAME, de Luca Guadagnino

Reconnu comme un des « feel good movies » de l’année par bon nombre de critiques professionnels ou youtubers de renom. Cette histoire d’amourette estivale de deux adolescents située dans les années 1980 pourrait en effet constituer un véritable film générationnel, tout en marquant une renaissance pour le cinéma italien (encore qu’il s’agisse d’une coproduction avec la France, le Brésil et les États-Unis). L’ambition de Luca Guadagnino, très prolixe puisque auteur aussi de l’horrifique Suspiria en 2018, est de créer plusieurs suites pour constituer une saga autour de ses deux personnages principaux.

3 LA BALLADE DE BUSTER SCRUGGS, de Joel & Ethan Coen

Un parfum de révolution plane sur l’industrie avec cette décision d’éminents cinéastes comme les frères Coen de sortir directement leur dernier rejeton sur la plateforme Netflix (initiative bientôt suivie par Martin Scorsese). Qui plus est dans un de leurs domaines de prédilection, le western, sorte d’anthologie évoquant plusieurs légendes du Far West. Et si ce n’était pas déjà assez attractif, ajoutons les présences de James Franco et Liam Neeson au casting.

4 ROMA, d’Alfonso Cuaron

Même choix consistant à passer par Netflix pour le réalisateur de Gravity. Sa tranche de vie d’une famille mexicaine modeste a généré l’enthousiasme des abonnés autant que celui des principaux youtubers cinéma relayant le film dans leurs tops de 2018.

5 THREE BILBOARDS, LES PANNEAUX DE LA VENGEANCE, de Martin McDonagh

Film social a priori émouvant sur le combat d’une mort pour obtenir la vérité sur la mort de sa fille. Le casting est de premier choix (Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell) et l’appréciation a touché à part égales presse comme public. Alors, pourquoi pas ?

6 JUSQU’À LA GARDE, de Xavier Legrand

Ayant vu le court-métrage du même réalisateur (multiprimé à Clermont-Ferrand en 2013) ayant servi de base à cette version longue, j’imagine aisément les qualités de ce film portant sur un couple en crise et les conséquences sur les enfants. Pour certains analystes pointus du web il s’agirait même du meilleur film français de l’année. Reste à vérifier…

7 MOI, TONYA, de Craig Gillespie

Un biopic osé sur la controversée Tonya Harding, resté dans la mémoire collective pour l’agression perpétrée contre sa rivale de patinage artistique, Nancy Kerrigan. Selon ce film, le personnage mérite davantage de considération, possède un parcours beaucoup plus riche. Aussi les spectateurs sont sortis de la salle admiratifs de ce portrait rendant grâce à son humanité, via notamment le choix de s’orienter vers une pure comédie.

8 GHOSTLAND, de Pascal Laugier

Un des réalisateurs français les plus choquants et audacieux (Saint Ange, Martyrs, The Secret) s’empare d’un sujet paranormal (esprits, fantômes, maison hantée) pour exploser les conventions du genre et nous réserver des rebondissements savoureux. Il se permet même l’exploit de remettre la rare Mylène Farmer devant la caméra. Un coup de maître. Enfin, paraît-il…

9 DOGMAN, de Matteo Garrone

Le cinéma italien serait-il en train de revenir sur le devant de la scène ? Cette œuvre violente de Matteo Garone (Gomorra) est susceptible de marquer les esprits durablement. Humour noir, humanité en faillite, environnement hostile, un film à ne pas mettre devant tous les yeux. Mais au moins devant ceux au cœur bien accroché ?

10 L’ÎLE AUX CHIENS, de Wes Anderson

Comment ne pas supposer une place dans le top 10 pour l’un des plus virtuoses réalisateurs du cinéma US ? Avec cette production au graphisme bien particulier et à l’identité hybride (ni tout à fait fiction classique, ni film d’animation) il parvient à interpeller dés la bande-annonce. Anderson sait vendre du rêve autant que diffuser un certain malaise ou peur sourde via ce monde mystérieux. Aurait-il réussi une nouvelle fois son coup ?

 

POTENTIELS FLOPS 2018

1 LA CH’TITE FAMILLE, de Dany Boon

Pas exactement une suite de Bienvenue chez les ch’tis, mais pas quelque chose de vraiment différent non plus. Boon surfe sa vib’s d’humoriste chouchou des Français depuis dix ans, sans vraiment se fouler niveau créativité (Supercondriaque, Raid dingue), alors pourquoi faudrait-il y croire cette fois ?

2 ALAD’2, de Lonel Steketee

Vestiges de l’humour Canal+ (Jamel, Eric & Ramzy, Kev Adams) ou véritable film ? Suite osée à un premier volet loin d’être mémorable, le genre de cinéma produit entre copains (caméos de Jean-Paul Rouve, Isabelle Nanty, Gérard Depardieu, Bigflo et Oli) sans se soucier de délivrer un rendu décent et respectueux du public.

3 TAXI 5, de Franck Gastambide

Même en ayant apprécié Les Kaïra et Pattaya, on peine à imaginer Franck Gastambide capable de donner un nouveau souffle à la saga des Taxi, devenue poussive dés son troisième épisode. Les absences de Samy Nacéri et Frédéric Diefenthal sont une raison de plus de fuir cette nouvelle folie automobile.

4 TOUT LE MONDE DEBOUT, de Franck Dubosc

Un film de, et avec Franck Dubosc, faut-il vraiment rajouter quelque chose ?

5 AMERICAN NIGHTMARE 4 : LES ORIGINES, de Gerald McMurray

C’est bien connu, Hollywood ça ose tout, y compris le coup de la suite étant un préquel ! Un pamphlet politique renvoyant à la situation actuelle des États-Unis ? Que nenni, un simple prétexte à un festival de pistolets durant 90 minutes. Un film qui serait sorti directement en vidéoclub dans les 90’s.

6 PARANOÏA, de Steven Soderbergh

Un concept : un long-métrage entièrement tourné à l’Iphone ; Un réalisateur de renom : le prolixe mais inégal Steven Soderbergh qui a su longtemps surfé sur sa palme d’or initiale (Sexe, Mensonges et Vidéo en 1989) ; Un cadre : le huis-clos d’un hôpital psychiatrique. Promesses de contenu intéressant ? Pas si évident pour qui se souvient de la part d’esbroufe contenu dans des œuvres comme Traffic, Full Frontal ou Girlfriend Experience

7 MISSION IMPOSSIBLE : FALLOUT, de Christopher McQuarrie

Bon ok on a pu lire ici ou là qu’enfin la saga renouait avec l’esprit originel de la série, à savoir une opération s’accomplissant en équipe et dans une certaine mesure « crédible ». Loin des cascades et exploits solitaires de Tom Cruise dans certains volets précédents (le MI :2 de John Woo en étant la caricature la plus extrême) donc un gage de mieux pour ce blockbuster sorti durant l’été ? À condition d’aimer le genre.

8 MA REUM, de Frédéric Quiring

On connaissait Maman j’ai raté l’avion, Maman je m’occupe des méchants, voici que déboule le processus inverse où les enfants sont victimes au lieu de bourreaux. Audrey Lamy s’en est sans doute donné à cœur joie, mais quelle possibilité de faire tenir un tel arc narratif sur 1h30 ?

9 CINQUANTE NUANCES PLUS CLAIRES, de James Foley

Un type de films pop corn que l’on va voir comme un plaisir coupable, sachant pertinemment la pauvreté du propos après les deux premiers volets. Dérivé d’une matière pas si scandaleuse, les livres de EL James, bien softs en comparaison d’un Nymphomaniac de Von Trier ou certains opus évoquant le sadomasochisme chez Roman Polanski, ce film contribue surtout à diffuser une moralité malsaine qu’on peut synthétiser en une formule : tu as le droit d’être un connard du moment que tu es plein de fric. Et dire qu’un large public féminin se presse au portillon pour voir ça…

10 RAMPAGE, HORS DE CONTRÔLE, de Brad Peyton

Énorme production inspirée d’un jeu-vidéo oublié, ce film catastrophe fait la part belle au musculeux Dwayne « The Rock » Johnson et à quelques animaux génétiquement modifiés. Il faudrait paraît-il y voir un sous-texte écologique dénonçant un Homme en train de détruire sa planète, permettons-nous d’en douter.

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