Mario Balotelli, le talent sans la constance

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Malgré la crise traversée par le club, les débuts de Mario Balotelli à l’Olympique de Marseille apparaissaient comme idéaux. Le contraste était saisissant face à une première partie de saison atone avec l’OGC Nice. Mais déjà l’enthousiasme retombe et le mur se lézarde face à l’actuelle inefficacité de Super Mario. Tout est histoire d’envie et de potentiel enfoui lorsqu’on parle de la star italienne. Et de ses nombreux faits d’armes extra-sportifs. Retour sur le parcours hors normes du « meilleur attaquant du monde à ses heures gagnées ».

Huit buts inscrits, quelques marques d’affection appuyées, le tout avec une nonchalance déconcertante, ont permis, dans un premier temps, de conquérir le cœur des Olympiens. Incroyable sensation ressentie lors de cette phase retour : celle de croire l’enfant terrible du football italien enfin arrivé dans un club à sa mesure, aussi fou et incontrôlable que lui. Cette impression hélas, elle a existé (presque) partout où il est passé. Puis sont venues les baisses de régime voire le sabordage volontaire. Dernière victime en date : l’OGC Nice. Face à un début de decrescendo depuis plusieurs rencontres, L’OM en viendra-t-il à la même conclusion que ses prédécesseurs ? Et quid du bilan global d’un joueur de bientôt 29 ans qui n’aura réussi nulle part à long terme ?

Inter Milan (2007-2010) : Contesté au cœur du triomphe

Le contexte : Mis en lumière par le modeste club de série C1 (troisième échelon italien) l’AC Lumezzane, Mario a débarqué en prêt chez les jeunes de l’Inter Milan un an plus tôt. Après l’option d’achat levée, la saison 2007-2008 s’avère sa première dans le groupe pro, alors qu’il est seulement âgé de 17 ans et n’aura officiellement la nationalité italienne qu’à sa majorité le 12 août 2008. Il débarque dans un club qui vient de mettre fin à sa période « loser magnifique » en série A, en partie à cause du scandale de corruption d’arbitres touchant trois de ses concurrents phares : la Juventus, la Lazio et le Milan AC. Ainsi les Nerazzuri ont obtenu le titre de champion 2006 sur tapis vert puis outrageusement dominé l’année suivante pour récidiver, cette fois sur le terrain. Avec Roberto Mancini en chef d’orchestre d’une remarquable troupe d’élite, à forte coloration sud-américaine (sept Argentins, quatre Brésiliens, deux Colombiens), l’Inter promet de dominer le football de la Botte pour plusieurs années encore. Gagner sa place à la pointe de l’attaque s’annonce compliquée pour la nouvelle recrue. La tête d’affiche du secteur offensif intériste se nomme alors Zlatan Ibrahimovic, solidement épaulé par le duo albiceleste Cruz-Crespo.

Le tournant : En quart de finale retour de la coupe d’Italie 2007-2008, Mario sort de sa boite pour signer un doublé face à une Juventus Turin de retour dans le gotha. Cette compétition secondaire constitue l’occasion de placer enfin les projecteurs sur lui, puisqu’il inscrira deux autres buts durant le parcours de l’Inter, échouant en finale face à l’AS Roma. En championnat, il doit se contenter de onze apparitions (le plus souvent comme remplaçant) pour trois buts inscrits. Qu’importe, son talent a éclaté aux yeux de tout le pays et on lui préfigure un bel avenir, à commencer par une place de titulaire aux côtés d’Ibrahimovic à partir de la saison 2008-2009.

Bilan sportif : Trois scudetti, une coupe et une supercoupe d’italie et bien sûr une ligue des champions à l’issue de la saison 2009-2010, celle de tous les succés pour l’Inter. Sans minimiser la part de Balotelli dans l’obtention de ce palmarès, ses statistiques pointent une influence modeste malgré un temps de jeu conséquent : 31 matchs pour 10 buts toutes compétitions confondues (un seul en C1, au premier tour) en 2008-2009, 40 matchs pour 11 buts l’année suivante (là aussi un seul en C1, toujours au premier tour). Sur trois ans, il totalise 28 buts en 86 rencontres, mais n’acquière pas la reconnaissance des fans, ni même le statut d’avant-centre en chef de son entraîneur, supplanté par Zlatan Ibrahimovic puis Diego Milito ou Samuel Eto’o.

Embrouilles et frasques : Cela aurait pu fédérer autour de lui, lancer le combat du football contre le racisme, pourtant les clashs entre Balotelli et une frange de supporteurs de la Juventus durant la saison 2008-2009 auront contribué à construire l’image d’un homme caractériel, provocateur, incapable de se focaliser sur les priorités sportives. Certes, la FIF abondera dans son sens dans un premier temps, sanctionnant le club Piémontais d’un match à huis clos pour injures racistes issues de ses tribunes. Mais par la suite, les incidents se poursuivront et Mario sera pointé du doigt pour sa propension à la mise en scène.

La période intériste du prodige sera aussi marqué par ses clashs avec José Mourinho, ce dernier lui reprochant un manque d’investissement, de discipline tactique ou simplement de bons sens (quantité de cartons reçus bêtement), au point de le sortir un temps du groupe début 2009.

Au printemps 2010, le coach portugais est soutenu dans ses critiques par le capitaine de l’équipe, Javier Zanetti. Malgré une pénurie dans l’effectif (Eto’o étant reconverti à des tâches défensives sur l’aile gauche), Super Mario sera un élément accessoire du succès en Champions League. Il perd un peu plus le crédit des supporteurs en s’affichant avec la tenue du Milan AC, « son club de cœur » en direct à la télévision italienne. En dépit d’excuses, il demeure copieusement sifflé…et craque de nouveau à l’issue de la demi-finale aller Inter-Barcelone (3-1) en jetant son maillot au sol en réponse à l’hostilité de son propre kop.

Manchester City (2010- Janvier 2013) : Toujours en décalage

Le contexte : La venue de Balotelli chez les Citizens découle directement de l’identité de l’entraîneur de ce club en phase de conquête. Persuadé de la valeur du jeune ayant évolué sous ses ordres à l’Inter en 2007-2008, Roberto Mancini décide de le relancer dans cette contrée éloignée de la série A, contexte propice à éteindre toutes les polémiques nées sur le sol italien. Son pays natal semble d’ailleurs abonder dans ce sens puisqu’il honore sa première sélection à l’été 2010, au moment même de la finalisation du contrat avec Manchester.

Le tournant : 23 octobre 2011, jour de mise au point de Super Mario avec la presse britannique. Fort de son sens du spectacle, il scelle son doublé face au voisin de Manchester United en dévoilant un t-shirt à message devenu légendaire « Why always me ? ». Moyen d’extérioriser le manque de reconnaissance dont il souffre, de répondre à la fois sur le terrain et politiquement aux successions d’articles (en partie légitime – voir par ailleurs) lui cherchant des poux. Dans la foulée il réalise ce qui est alors sa saison la plus accomplie, auréolée d’un rôle majeur avec la sélection italienne à l’Euro 2012.

Bilan sportif : Deux ans et demi qu’on peut résumer par un triptyque qualificatif : Espérance, confirmation, exclusion. Plus encore qu’à l’Inter Milan, Mario subit la loi féroce de la concurrence au sein d’un club en plein trip galactique. Il y a embouteillage sur la ligne offensive au moment de son arrivée avec Edin Dzeko, Roque Santa Cruz, Emmanuel Adebayor ou encore Carlos Tevez. Premier League, Cup et Ligue Europa confondues, l’Italien inscrit dix buts (en vingt-huit présences) pour sa première saison anglaise. En dépit de l’arrivée à l’été 2011 de Sergio Agüero qui prend le leadership sur le front de l’attaque, formant un duo efficace avec Dzeko, Balotelli gagne progressivement en influence. Le fantasque italien attend la 6e journée pour inscrire son premier pion en PL puis enchaîne une série glorieuse incluant le fameux doublé d’Old Trafford. Avec treize réalisations en vingt-trois rencontres de championnat, auxquelles s’ajoutent trois buts sur la scène européenne et un en coupe de la ligue, on peut statuer sur une saison statistiquement réussie. Il l’a conclue avec trois nouveaux pions avec sa sélection à l’Euro 2012, dont un doublé titanesque face à l’Allemagne en demi-finale, resté dans l’histoire pour sa célébration musclée. Son embellie s’estompe à l’automne suivant. Au sein d’une équipe au top empilant les buts et restant invaincue en championnat jusqu’à début décembre, Son intégration au collectif est problématique et son manque d’efficacité criant : une seule réalisation en quatorze apparitions en PL et un total de trois en vingt matchs toutes compétions confondues. D’où un retour en Série A devenant impératif à l’hiver 2013.

Embrouilles et frasques : Son ère chez les Citizens s’avère très riche dans ce domaine. À peine débarqué en terre britannique à l’été 2010, Mario provoque un accident sur la route de l’entraînement. L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais prend toute sa saveur lorsque la police découvre l’équivalent de 6000 euros en espèces dans le véhicule. Le motif ? « Parce que je suis riche » se contente de répondre le phénomène, tout en se gaussant des conséquences matérielles « Je m’en fous de la voiture, je ne l’ai reçue qu’hier soir. ». Le club appréciera.

En mars 2011, il y est d’une amende de 100 000 euros pour avoir confondu des joueurs du centre de formation avec une cible de fléchettes. La cause ? Il s’ennuyait dans sa chambre. En octobre 2011, il promet solennellement « J’ai l’intention d’arrêter de faire parler de moi en négatif. J’ai changé de vie, je ne vis plus en ville mais à la campagne, c’est plus tranquille. » Deux jours plus tard, une cérémonie de feux d’artifice improvisée dans la salle de bains provoque l’incendie de sa propre maison. Encore de gros frais financiers dans la petite affaire. Ironiquement, il devient ambassadeur de la prévention contre le danger des feux d’artifice auprès des jeunes.

Le scandale se déplace sur le terrain sexuel en 2012, lorsqu’il est surpris dans un hôtel mancunien auprès d’une actrice X. Sa compagne d’alors décide de le quitter, mais le couple envisage de se réconcilier avec la perspective d’une fille à naître. Mario parle même de demander un congé paternité à City en automne 2012, avant de refuser de reconnaître l’enfant à sa naissance. Il finira par assumer son rôle de père quelques mois plus tard. Pour revenir au terrain, signalons l’agaçante roulette visant à humilier le gardien des Los Angeles Galaxy lors d’un match amical. Elle rend fin fou Roberto Mancini, décidant de sortir aussitôt l’artiste incompris.

Suite à une demi-finale de FA Cup remportée face à Man United, Mario manque de provoquer une bagarre générale en chambrant Rio Ferdinand plus que de raison. Des témoignages abondent d’ailleurs dans le sens d’une culture de la baston avec ses propres équipiers à l’entraînement voire avec Roberto Mancini himself.

Tout aussi mythique, l’épisode du chasuble UEFA « inenfilable ».

Squadra Azzurra (2010-…) : La fable inachevée

Le contexte : Le nom du prodige est sur toutes les lèvres suite à l’humiliante Coupe du Monde Sud-Africaine connue par l’équipe nationale, tenante du titre et incapable de remporter le moindre match dans un groupe incluant Slovaquie, Paraguay et Nouvelle-Zélande. Une compétition que Balotelli a refusé de jouer…pour le Ghana, comptant alors seulement des sélections en Italie Espoirs et donc encore susceptible d’opter pour son pays d’origine.

Le tournant : Il rentre dans l’histoire avec un grand H le 10 août 2010 en devenant le premier noir à porter le maillot bleu azur. Mais c’est bien à l’occasion de l’Euro 2012 qu’il marque les esprits pour devenir le visage de cette nouvelle Italie, équipe-révélation du tournoi malgré une lourde défaite en finale (0-4) devant l’Espagne. La sélection de la Botte n’a plus rien accompli de grand depuis.

Bilan sportif : Malgré une certaine irrégularité et un manque d’entrain pour les matchs sans enjeu, Balotelli s’avère un incontournable de la sélection jusqu’à la Coupe du Monde brésilienne de 2014 , se distinguant particulièrement dans les phases finales. Trois fois buteur à l’Euro 2012, intenable avant sa blessure lors de la coupe des confédérations 2013, buteur victorieux devant l’Angleterre au Brésil un an plus tard, mais impuissant à sortir les siens du premier tour alors qu’un nul suffisait lors du dernier match face à l’Uruguay. Il affiche 13 buts en 33 sélections avant une longue période de boycott par les sélectionneurs. Ses mauvaises performances avec Liverpool puis Milan entre 2014 et 2016 évitent tout débat public quant à son absence. On peut souligner cependant qu’il ne s’inscrit pas dans l’idée de l’équipe de guerriers travailleurs voulue par Antonio Conte à l’Euro 2016, pas plus que dans les plans d’un Gian Piero Ventura snobant son retour en forme à l’OGC Nice au point de ne pas qualifier la squadra azzurra pour le Mondial 2018. Malgré son récent rappel avec les A, Super Mario ne bénéficie pas d’un statut de cadre dans cette Italie en constante reconstruction. Victime de son époque dans un premier temps, et aujourd’hui en concurrence avec un « vieux » en plein revival (Fabian Quagliarella) et un jeune loup affamé (Andrea Belotti).

Embrouilles et frasques : Sans pression, le jeune international apprécie mal sa présence sur le banc face aux Îles Féroé en septembre 2011, aussi s’occupe-t-il en jouant avec son Ipad, sans même jeter un œil à la prestation de ses équipiers. Quelques temps plus tard, il se distingue lors d’un match amical face à l’Uruguay…en portant un vieux maillot de la sélection plutôt que l’officiel qu’il trouvait moche. Nouveau sketch en Ukraine où il demande à sortir pour cause d’allergie à l’herbe.

Milan AC (Janvier 2013-2014) : Première rédemption

Le contexte : Milan n’est plus un des titans européens du football au moment où l’attaquant barré de Man City le rejoint. Plus aucune place dans le dernier carré de la Champions League depuis sa dernière victoire en 2007 et une perte d’influence « politique » au sein d’une série A dominée par la Juventus et l’Inter. Néanmoins champion en 2011 et toujours présent sur le podium depuis cinq ans, le club lombard ne constitue pas une régression pour Balotelli.

Le tournant : Le rapprochement avec sa famille et son club de cœur semble constituer un déclic immédiat. Aussitôt le maillot rouge et noir enfilé, Mario signe un doublé face à Udinese. Et poursuit sur un rythme tonitruant sa première demi-saison, inscrivant douze buts en treize rencontres. Départ canon supérieur aux débuts idylliques qu’il accomplira à Nice ou Marseille.

Bilan sportif : Après avoir démarré la saison 2013-2014 sur des bases aussi élevées que ses premiers mois rossoneri, le buteur s’essouffle et réduit son investissement sur le terrain, participant au début de déclin du Milan AC, 3e en 2013 et seulement 8e de Série A en 2014. Sur le plan du ratio pur, ses statistiques sont flatteuses (54 matchs, 30 buts), mais ce sont les dernières impressions qui s’imposent aux yeux des observateurs…

Embrouilles et frasques : En dehors d’un excès d’agressivité sur le terrain lui ayant valu un nombre de matchs de suspension inhabituel pour un attaquant de pointe, l’irascible se fait oublier des gazettes. Promis, juré, l’enfant terrible a pris de bonnes résolutions.

Liverpool (2014-2015) : Marcher seul

Le contexte : Une signature assez improbable du côté des Reds. Loin de répondre à un souhait particulier du joueur, c’est le fort relationnel de son entourage qui le pousse à revenir vers les lumières de la Premier League. Pour preuve Arsenal est d’abord pressenti, avant un atterrissage dans la ville des Beatles avec la lourde responsabilité de succéder à Luis Suarez, idole d’Anfield, parti au Barça. La méfiance est de mise quant à sa capacité à s’intégrer, aussi le club inclut une inédite charte de bonne conduite dans son contrat.

Le tournant : Décembre 2014, Balotelli n’a toujours pas inscrit le moindre but en premier league, Liverpool sort d’une défaite sèche face au rival MU (3-0) et les langues se délient dans la presse sous forme de tir croisé : Jamie Redknapp « Je crois que son expérience ici doit se terminer au plus vite. Il n’y a qu’un seul problème : quel club est disposé à l’acheter ? » ; Adel Taarabt, ancien équipier à Milan « C’est un joueur normal, pas un phénomène. Il crie fort, mais il ne joue pas pour l’équipe. Il a eu tant de chances, de City au Milan, mais il les a gaspillées. » ; Paul Ince « Je l’ai vu jouer uniquement pour lui, et son comportement se répercute sur le reste de l’équipe. J’ai l’impression que les gens refusent d’admettre la réalité. Certains pensent qu’il a du talent, mais personnellement, je ne l’ai pas encore vu. » Les marrons étaient grillés avant même le réveillon de Noël.

Bilan sportif : Une misère. 28 rencontres, 4 buts, dont un seul en Premier League. En parallèle il perd logiquement sa place en équipe d’Italie.

Embrouilles et frasques : Sachant qu’il sera remplacé à la mi-temps du match de poules face au Real Madrid, Mario anticipe un échange de maillot avec Pepe avant de rentrer au vestiaire. Son coach Brendan Rodgers apprécie moyennement cette légèreté plaçant l’intérêt individuel avant l’investissement dû à l’équipe. Envoyé valdinguer sur le bord du terrain en mars 2015, Il semble prêt à sauter à la gorge de Chris Smalling de Man United, il faudra des supporteurs de Liverpool pour le retenir.

Milan AC (2015-2016) : L’effondrement se poursuit

Le contexte : Prêt avec option d’achat. Milan a beau garder de bons souvenirs des 18 mois passés par Super Mario en Lombardie avant sa pige de Liverpool, il demande à voir avant de payer. Du point de vue de l’attaquant, c’est l’enthousiasme sans mesure, il affirme même se sentir prêt à jouer pour le Milan jusqu’à la fin de sa carrière.

Le tournant : Régulièrement victime de petites blessures en début de saison, Balotelli est par la suite opéré d’une pubalgie le 18 novembre 2015. Il reviendra dans le groupe début 2016, sans démontrer avoir retrouvé son niveau d’antan.

Bilan sportif : Aussi famélique qu’à Liverpool. Un seul but en championnat (un coup franc direct face à l’Udinese en septembre) et deux autres en coupe nationale, compétition cache-misère qui ne jouera pas son rôle jusqu’au bout puisque la Juventus battra le Milan en finale (1-0 après prolongations).

Embrouilles et frasques : Suite à de fâcheux précédents, le club inclut dans son contrat une clause d’interdiction d’utiliser un kart. Mario joue sur les mots en se rendant tout de même sur une piste de karting…avec sa Ferrari.

OGC Nice (2016-2019) : Résurrection et frictions

Le contexte : Le feu follet d’antan a perdu toute sa valeur commerciale suite à deux saisons ratées, quid d’un éventuel revival sportif ? Le pari de Nice semble fou, mais il faut garder à l’esprit que les Azuréens le recrutent pour un bouchée de pain. Et ce le dernier jour du mercato estival alors que l’OGCN a réalisé de bons débuts en L1 (2 victoires, 1 nul).

Le tournant : Une gestion globale plutôt qu’un tournant. Et surtout une rencontre, celle d’un entraîneur fin psychologue, Lucien Favre, et d’un ancien prodige en plein doute demandant à être enfin compris. Le coach niçois saura tirer le meilleur de l’Italien et maximiser son ratio temps de jeu/efficacité. Il lui ménage un calendrier aux oignons, le dispensant notamment de nombre de déplacements sans envergure pour mieux laisser exploser le fauve à l’Allianz Riviera. Ses deux premières rencontres à domicile se soldent chacune par un doublé, OM et Monaco  dans le rôle des victimes. Le public le porte aussitôt au pinacle. Conditions idéales qui se poursuivront deux ans.

Bilan sportif : Dix matchs, sept tirs cadrés sur trente quatre tentés, zéro but en 752 minutes. Soit la dernière impression négative de sa période niçoise lors de sa demi-saison d’août à décembre 2018. Sa mésentente avec Patrick Vieira et son manque d’envie explique ce gâchis final, alors que sur les deux premières saisons il pouvait s’enorgueillir d’un total de 43 buts, toutes compétitions confondues, en 66 rencontres disputées. Comme quoi l’affectif pèse davantage qu’on pourrait le croire pour cette tête brûlée.

Embrouilles et frasques : Toujours aussi agressif sur le terrain, Mario a récolté un lot importants d’avertissements (21) et d’expulsions (3) durant son ère azuréenne. Il s’est aussi signalé pour des insultes « Zlatanesques » captées par les caméras en mai 2018 dans les couloirs du Stade Vélodrome : « À chaque fois les putains d’arbitres français ! À chaque fois ! ». Il se plaignait alors d’un carton jaune reçu en première mi-temps. Plus gamin que jamais, il publie en novembre 2018 une vidéo sur Instagram dont le contenu se limite à de gros plans « volés » sur le postérieur d’une hôtesse de l’air. Son éternelle incapacité à se concentrer sur l’essentiel ?

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