Bilan TFC 2018-2019 : Le renouveau n’a pas eu lieu

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Alors que s’ouvre officiellement le marché des transferts, on ne peut se priver d’une petite analyse pour comprendre le sur-place du Toulouse Football Club dans la hiérarchie de la L1. Et ce malgré quelques changements notables en amont qui ont pu laisser croire au retour d’une certaine ambition. Dix points de débats pour résumer une saison d’abord prometteuse puis décevante.

1. Le tournant TFC-Saint-Étienne (2-3, 7e journée de L1)

Malgré toute la bonne volonté de Durmaz, buteur aussitôt entré en jeu, ce match enclenchera la spirale négative.

Invaincu depuis la claque reçue en match inaugural au Stade Vélodrome (4-0), le TFC (3 victoires, 2 nuls, 1 défaite) pointe à la 4e place au moment de recevoir des Verts que l’on imagine alors en concurrent direct du premier tiers du classement. Alain Casanova a rapidement su dégager une équipe-type, incluant les cinq recrues principales du mercato (Reynet, Bostock, Garcia, Dossevi, Iseka) et un jeune ayant signé des débuts fracassants (Todibo), le tout consolidé par les valeurs sûres des saisons précédentes : les défenseurs Jullien, Amian et Moubandjé, le milieu récupérateur Sangaré et le créateur-buteur Gradel. Une formation qui a fière allure dans un 4-3-3 basculant volontiers en 4-3-2-1, Aaron Leya-Iseka étant le seul réel attaquant de pointe dans le lot. Surtout, le TFC offre à la surprise générale du jeu, bien loin de l’image passée du septennat Casanova (2008-2015, voir par ailleurs). Cette rencontre face aux Verts ne va pas faire exception, elle sera même la plus accomplie du club sur le plan collectif. Malgré une domination de tous les instants, des grossières erreurs individuelles (Jullien-Reynet en premiers coupables) et un coaching défaillant minent le sort du match. Côté visiteurs, les entrées de Selnaes et Salibur s’avèrent décisives. Plus tard, les joueurs valideront cette partie comme la cause de tous leurs maux, l’origine de la perte de confiance quant à ce nouveau système de jeu ambitieux. Casanova va (hélas) réviser sa copie, sur le fond (système moins joueur) comme sur la forme (remise en cause de certains titulaires) et des affaires extrasportives (Todibo, Mbia) vont enfoncer le clou. En cas de succès ce soir-là au Stadium, le TFC aurait pris la 2e place du classement. Au lieu de quoi, il va basculer dans un syndrome et ne plus gagner à domicile avant la 28e journée…

Détails du match

Toulouse Football Club : Reynet / Moubandjé-Jullien-Todibo-Amian / Bostock-Sangaré-Garcia / Gradel-Dossevi-Iseka

AS Saint-Étienne : Ruffier / Saliba-Kolodziejczak-Subotic-M’Vila / Monnet-Paquet-Diousse-G.Silva-Cabella / Diony-Nordin

Buts : Gradel (63e) Durmaz (78e) pour Toulouse ; Diony (23e) Cabella (66e) Salibur (75e) pour St Etienne.

Passeurs : Dossevi, Gradel pour Toulouse ; G.Silva, Selnaes 2 pour St Étienne.

Remplacements : Mubele (Iseka 64e) Durmaz (Dossevi 72e) El Mokeddem (Bostock 80e) pour Toulouse ; Selnaes (Diousse 64e) Salibur (Nordin 72e) Hamouma (Diony 82e) pour St Étienne.

Cartons jaunes : Todibo (87e) pour Toulouse ; Monnet-Paquet (21e) Cabella (90e+2) pour St Étienne.

Possession : 55 %-45 % en faveur du TFC

Tirs : 21-15 en faveur du TFC

Tirs cadrés : 8-6 en faveur de l’ASSE

Passes réussies : 82 %-74 % en faveur du TFC

Corners : 4-2 en faveur du TFC

Centres : 29-11 en faveur du TFC

Gardiens : Reynet 23 ballons joués, 3 captés, 2 détournés / Ruffier 45 ballons joués, 1 capté, 3 détournés.

Plus grand nombre de ballons gagnés : Sangaré 25, Todibo 23, Jullien 17, Saliba 16, Moubandjé, G.Silva 15.

Tirs cadrés par joueur : Diony 3/4, Cabella 3/4, Iseka 2/3, Gradel 2/5, Nordin 1/1, Durmaz 1/2, Salibur 1/3 Sangaré 1/4.

2. Le vrai-faux nouveau Casanova

« Une saison médiocre » reconnut récemment le coach des Violets.

Comment expliquer une telle différence entre le TFC moribond de la fin de saison 2017-2018 et le fringant de l’été suivant ? Par la grâce de recrues d’un niveau supérieur à l’accoutumée ? Oui, sans aucun doute, mais aussi par la métamorphose de ce « bon vieux » Alain Casanova, catalogué entraîneur-serrure et désormais porté par une nouvelle vocation. Sans que l’on sache d’où lui sont venues ses nouvelles aspirations. Sa saison de Ligue 2 au RC Lens, achevée à un point du podium ? On ne peut pas vraiment parler de jeu flamboyant ou de pige glorieuse chez les Nordistes, marquée notamment par des éliminations dans les coupes par des clubs de national (Paris FC) et de CFA (Bergerac). On peut pencher plutôt pour le pragmatisme du bonhomme, bien aidé par les joueurs techniques mis à sa disposition (Gradel, Dossevi, Garcia, Durmaz), capable de tirer les conséquences de la gestion du club pendant son absence, observateur attentif des solutions expérimentées par les Dominique Arribagé, Pascal Dupraz ou Mickaël Debève. De ces sauvetages in extremis du club à trois reprises en quatre ans. Après avoir affiché de belles promesses, l’ancien gardien de but retombe dans ses fondamentaux frileux, se consacrant avant tout à ne pas perdre (14 nuls, dont quatre 0-0) sans maîtriser l’art de la contre-attaque ayant fait son succès lors de la saison 2008-2009. Rien de tel pour illustrer ce changement de cap que de comparer les compositions d’équipe entre match aller et match retour face à l’AS Saint-Étienne. Pour le déplacement dans le Chaudron à la 34e journée, Casanova aligne huit joueurs à vocation défensive (Reynet, Moubandjé, Shoji, Cahuzac, Amian, Sangaré, Sylla, Sidibé) et des manieurs de chique pouvant participer à la contention (Gradel, Dossevi, Durmaz) mais aucun attaquant de métier. N’importe quel joueur de PES/FIFA sait qu’il n’y a rien de pire que chercher à bétonner en jouant bas pour subir multitude d’occasions et donc, sauf miracle, finir par encaisser des buts. Le TFC en prendra deux dans les dix premières minutes, et ne reviendra pas en dépit des indispensables changements réalisés en début de 2e mi-temps (entrées de Sanogo et Garcia) pour rééquilibrer le jeu. Avec une 16e place au final, le coach chéri d’Olivier Sadran réalise son moins bon exercice sur une saison entière.

Classement final du TFC en Ligue 1 depuis 2003

2003-2004 : 16e (Erick Mombaerts)

2004-2005 : 13e (Erick Mombaerts)

2005-2006 : 16e (Erick Mombaerts)

2006-2007 : 3e (Elie Baup)

2007-2008 : 17e (Elie Baup)

2008-2009 : 4e (Alain Casanova)

2009-2010 : 14e (Alain Casanova)

2010-2011 : 8e (Alain Casanova)

2011-2012 : 8e (Alain Casanova)

2012-2013 : 10e (Alain Casanova)

2013-2014 : 9e (Alain Casanova)

2014-2015 : 17e (Alain Casanova / Dominique Arribagé)

2015-2016 : 17e (Dominique Arribagé / Pascal Dupraz)

2016-2017 : 13e (Pascal Dupraz)

2017-2018 : 18e (Pascal Dupraz / Mickaël Debève)

2018-2019 : 16e (Alain Casanova)

3. Le gâchis Todibo

Aujourd’hui sûr de sa force, le pitchoun se mordra-t-il demain les doigts concernant ce départ prématuré ?

On se souvient avec quelle fermeté Olivier Sadran avait su retarder et négocier les départs des Achille Emana, Fodé Mansaré ou bien sûr Wissam Ben Yedder, aussi s’est-on étonner de l’échec patent des tractations concernant le pitchoun Jean-Clair Todibo, à peine tombé du nid qu’il entamait déjà un bras de fer avec son club formateur. En dépit d’un carton rouge, ses premières prestations avec les Violets furent bluffantes, au point de déclencher aussitôt l’intérêt de grands clubs, le FC Barcelone en tête de liste. Le président du TFC tiendra d’abord un discours ferme, refusant l’idée de lâcher son stagiaire en fin de saison…pour finalement le laisser partir dés janvier. Placardisé dés ses premiers soubresauts de départ, Todibo n’aura donc pu apporter sa patte pour la suite de la saison, disputant son dernier match à la Meinau à la 12e journée de L1. Une sanction semblable à celle de Rabiot au PSG, à savoir se punir soi-même sous prétexte de tancer les prétentions d’un talent émergent.

Bilan de Todibo en Ligue 1 : 10 matchs, 1 but, 3 cartons jaunes, 1 carton rouge, 833 minutes de jeu.

4. TFC 2009 vs TFC 2019

A t-on voulu voir à tort une ressemblance entre l’effectif doré de 2008-2009 et celui de cette saison ?

Je suis le premier à y avoir cru, je dois le concéder. Et si la nouvelle « première saison » de coach Casanova ressemblait trait pour trait à celle de son passage originel sur le banc de touche dix ans plus tôt ? La même sensation d’un club décidé à tirer dans le bon sens après une alerte maximale la saison précédente (rappelons-nous le finish au couteau de la saison 2007-2008), du début d’un nouveau cycle avec l’arrivée de joueurs importants, munis de solides contrats (3 ans pour Gradel, Bostock 4 ans pour Mubele, Iseka, Reynet), des prolongations significatives pour des valeurs établies comme Issiaga Sylla ou révélées telles Bafodé Diakité ou Kalidou Sidibé, titulaires de la deuxième partie de saison (tous prolongés jusqu’en 2023). Pourtant, des différences importantes sont vite apparues, sportives avant tout, à savoir le manque d’un meneur de troupe dans chaque secteur important. Pas de gardien de la classe d’un Cédric Carrasso, pas de patron de charnière centrale de la trempe d’un Mauro Cetto, et surtout pas de buteur aguerri à la réussite maximale tel André-Pierre Gignac. L’effectif de 2008-2009 comptait pas moins de dix internationaux France Espoirs quand celui de cette saison se résume au seul Kelvin Amian. Ajoutons que le TFC 2018-2019 avait davantage la prétention de prendre le jeu à son compte, mais a perdu énormément de matchs en ayant la possession ou le contrôle apparent. Le secteur le plus en cause reste la défense avec pas moins de 30 buts supplémentaires encaissés par rapport à la bienheureuse saison 2008-2009.

Comparatif 2008-2009/2018-2019

2008-2009                                                                                                                                            2018-2019

4e avec 64 points                                                                                                                                  16e avec 38 points

16 victoires                                                                                                                                            8 victoires

16 nuls                                                                                                                                                   14 nuls

6 défaites                                                                                                                                               16 défaites

45 buts marqués                                                                                                                                    35 buts marqués

27 buts encaissés                                                                                                                                  57 buts encaissés

Meilleur buteur en L1 : Gignac 24                                                                                                          Meilleur buteur en L1 : Gradel 11

Meilleur passeur en L1 : Didot 6                                                                                                            Meilleur passeur en L1 : Gradel 5

Coupe de France : 1/2 finale                                                                                                                  Coupe de France : 1/8 de finale

Coupe de la Ligue : 1/16 de finale                                                                                                          Coupe de la Ligue : 1/16 de finale

5. Gradel : dépendance et lassitude

N’importe qui finirait par se lasser du rôle de cache-misère.

Quelques mois séparent ces deux déclarations, sauriez-vous en reconnaître l’auteur ? Juillet 2018 : « J’ai un âge où j’ai besoin d’avoir un projet qui me convienne bien. J’ai ça à Toulouse. Le projet en place me séduit. J’ai senti que le club voulait montrer un nouveau visage, ça a facilité mon envie de rester » ; Mai 2019 : « J’ai besoin de savoir ce que le club a vraiment envie de faire dans les années à venir. Si ça me convient tant mieux, sinon on prendra une décision. Ce n’est jamais agréable de jouer dans ces conditions ». Entre confiance et véhémence, quelques mois de galère poussant l’estampillé « gentil » Max-Alain Gradel à montrer les crocs. Sa signature après un prêt fructueux en 2017-2018 avait sonné comme une marque de gratitude envers un club ayant relancé sa carrière, mais il faudra plus qu’un projet autour des jeunes pour le convaincre d’honorer sans broncher les deux années de contrat lui restant. Et après tout le club devrait y réfléchir à deux fois puisque le meneur ivoirien est l’une de ses rares valeurs marchandes. Sa saison s’est décomposée en deux phases : une première partie très productive jusqu’à la 26e journée (réception de Caen, point du nul arraché grâce à son coup franc salvateur) avec déjà douze buts au compteur toutes compétitions confondues, puis une fin désabusée où ses prestations déclineront. Il ajoutera une seule réalisation (dérisoire) lors de l’échec devant l’OM (2-5) et laissera parfois la mainmise du jeu à Durmaz ou Dossevi.

Classement successif sur la saison 2018-2019

1er

2e

3e

4e

5e

6e

7e

8e

9e

10e

11e

12e

13e

14e

15e

16e

17e

18e

19e

20e

20e

13e

7e

3e

4e

4e

7e

7e

8e

9e

11e

14e

15e

15e

15e

15e

15e

14e

14e

14e

13e

13e

15e

15e

15e

15e

15e

15e

15e

15e

14e

15e

15e

15e

15e

15e

15e

16e

6. Les insuffisances du cinq majeur du dernier mercato estival

Rare moment de joie et de partage entre anciens et nouveaux de l’effectif.

C’était le vrai vent de fraîcheur de l’été dernier : finies les arrivée d’inconnus n’ayant jamais touché au championnat français, cette fois la cellule recrutement avait ciblé des hommes rodés aux joutes hexagonales : Reynet (ex Dijon), Moreira (ex Rennes et Lorient), Bostock (ex Lens) ou encore Dossevi (ex Metz, meilleur passeur de L1 en 2017-2018). Autre bonne surprise, le casting était complété par une pépite annoncée, l’Espagnol Manuel Garcia, prêté par Manchester City avec qui un partenariat de long terme se profilait. Si l’on peut considérer l’exercice de Mathieu Dossevi comme globalement réussi, l’impact de ces recrues « de prestige » s’est atténué au fil de la saison, le onze de départ de Casanova ressemblant de plus en plus à celui de la saison dernière, agrémenté de la présence de pitchouns (Sidibé, Diakité) chassant peu à peu les nouveaux arrivants.

Nombre de recrues estivales dans le onze de départ en Ligue 1 depuis les matchs retours

* Max-Alain Gradel, signataire d’un contrat de trois ans l’été dernier, n’est pas compté dans les recrues puisque déjà toulousain sous forme de prêt la saison dernière.

** La rencontre TFC-OL, initialement prévue pour la 17e journée, figure dans cette liste puisque s’étant jouée courant janvier.

TFC-RCS (5)

Reynet

Moreira

Bostock

M.Garcia

Dossevi

TFC-OL (2)

Reynet

Moreira

NÎMES-TFC (2)

Reynet

Dossevi

TFC-ANGERS (3)

Reynet

Moreira

Dossevi

MONACO-TFC (4)

Reynet

M.Garcia

Dossevi

Iseka

TFC-REIMS (3)

Reynet

Dossevi

Iseka

BORDX-TFC (3)

Reynet

Moreira

M.Garcia

TFC-CAEN (2)

Reynet

Dossevi

LYON-TFC (2)

Reynet

Dossevi

TFC-GUINGMP (2)

M.Garcia

Dossevi

NICE-TFC (2)

M.Garcia

Dossevi

TFC-PSG (1)

Reynet

TFC-NANTES (2)

Reynet

M.Garcia

MONTPL-TFC (1)

Reynet

TFC-LILLE (2)

Reynet

Dossevi

SAINTÉ-TFC (1)

Reynet

TFC-RENNES (1)

Dossevi

AMIENS-TFC (2)

Bostock

Dossevi

TFC-OM (3)

Bostock

Dossevi

Iseka

DIJON-TFC (3)

Moreira

Dossevi

Iseka

*Sur la première journée des matchs retours, la confiance aux nouveaux est renouvelée, mais tout bascule très vite, et pas seulement à cause d’un calendrier chargé en janvier avec les deux coupes et le match en retard contre Lyon. En moyenne, c’est à peine plus de deux recrues estivales qui seront alignées, leur présence se réduisant même à une seule unité à quatre reprises.

*Sur vingt matchs, soit un total de 220 joueurs au lancement des rencontres, on dénombre au cumulé 46 présences des recrues du dernier mercato estival. À titre de comparaison, on dénombre pour les matchs allers un total de 75 présences des nouveaux sur les 198 joueurs au coup d’envoi (18 matchs), cela monte à 93 si on considère Gradel comme un nouveau transféré à part entière, soit une proportion de nouveaux proche de 50 % sur la grille de départ.

*Dossevi et Reynet sont les plus réguliers parmi la bande des nouveaux avec quatorze titularisations sur vingt possibles depuis janvier. Une continuité avec la phase aller puisque le gardien avait loupé une seule fois le coup d’envoi (pour cause de suspension) tandis que le milieu offensif avait été aligné au départ dans quinze des dix-huit rencontres. Légère différence de tendance entre les deux cependant, puisque Dossevi n’a jamais été écarté durablement tandis que l’ancien portier dijonnais a fini par perdre sa place au bénéfice de Mauro Goicoechea.

7. La coupe est pleine

TFC-Lorient, une défaite face à un club de division inférieure de plus sous l’ère Sadran.

Humiliations, la routine. Le résumé de la vie des Toulousains dans les deux coupes nationales depuis une quinzaine d’années. À l’exception d’un vague rapprochement avec le Stade de France à la fin des années 2000, le TFC s’est spécialisé dans les éliminations prématurées, notamment face à des clubs moins huppés. Rien d’honteux sur le papier de sortir en 1/8 de finale à la Beaujoire diront certains, on relativisera moins si on se souvient que les Canaris étaient censés jouer le maintien en début d’exercice quand les Violets voyaient plus haut. En Coupe de la Ligue, c’est un pensionnaire de Ligue 2, Lorient, qui est venu s’imposer au Stadium dés l’entrée en lice des L1. Un peu similaire au principe de « relancer les morts », c’est presque une tradition d’être battu par plus petit que soi, notamment à domicile : Paris FC (N) en 2008 et 2011, Guingamp (L2) en 2009, Brest (L2) en 2010, tous venus s’imposer au Stadium. Une sacrée collection de camouflets auxquels il faut additionner les éliminations sur les pelouses de « petits » tels Clermont (L2) en 2005, Lyon-Duchère (CFA) en 2006, US Boulogne (L2) en 2011, GFC Ajaccio (N) en 2012, Moulins (CFA) en 2014, Bourg-En-Bresse (L2, relégué en National à la fin de la saison) en 2018, n’en jetez plus ! La saison 2015-2016, marquée par une double élimination dans les coupes par le Paris SG fait figure d’exception.

8. Shoji redistribue les cartes

Faute d’être satisfait du mercato estival, l’hiver aura réservé une bonne surprise.

Pour la première fois titulaire à Nîmes, lors de la 21e journée, Gen Shoji conservera son statut jusqu’à la fin de la saison. Étonnante trouvaille que ce Japonais de 26 ans ayant évolué pas moins de huit saisons dans son club d’origine, les Kashima Antlers. En charnière centrale, il s’est avéré un complément appréciable de l’athlétique Christopher Jullien. Certes, Shoji manque de puissance et ne possède le rythme requis pour la L1 sur le long terme, mais il affiche de belles qualités de relance, de placement, d’anticipation. Reste à savoir avec qui il sera associé l’an prochain, et si il bénéficiera d’une préparation particulière, possibilité non offerte par son arrivée au mercato hivernal.

9. Delort prêté, Delort bradé

La joie de l’un tranche avec le côté atone des autres.

Ce fut l’absent sur toutes les lèvres des supporteurs violets cette saison. Certes, le globe-trotteur était visiblement lassé du club et n’avait pas donné entière satisfaction en 2017-2018, particulièrement éteint depuis le départ de Pascal Dupraz. Fallait-il pour autant le prêter à un rival régional, le Montpellier Hérault de Laurent Nicollin ? La souffrance était dure : voir les Sanogo, Iseka et Mubele naviguer à vue autour de 3/4 buts quand Andy Delort explosait littéralement de l’autre côté de l’Occitanie (36 matchs comme titulaire, 14 buts inscrits, 7 passes décisives). Clou de la déception du point de vue violet, alors que sous contrat jusqu’en 2021, l’option d’achat est entérinée en faveur du MHSC autour de 5 millions d’euros, une somme bien en-deçà du marché pour un joueur de cette valeur. Et qui sera réinvestie pour attirer un profil aux qualités moindres type Nolan Roux ?

10. Au bonheur des pitchouns ?

Kalidou Sidibé, un des gros paris sur l’avenir.

Bafodé Diakité, Moussa Diarra, Quentin Boisgard, Hakim El Mokeddem, Amine Adli, Kalidou Sidibé, Nathan Ngoumou, Manu Koné, Adil Taoui ou encore Stéphane Zobo, si ce n’était l’absence d’un gardien de but prometteur il y aurait de quoi composer un onze de départ avec les joueurs du centre de formation découverts cette saison ou dont les contrats ont été homologués depuis. Dés le maintien acquis, Olivier Sadran n’a pas tardé à dégainer interviews et conférences de presse pour expliciter ses intentions futures : remettre le club entre la 8e et la 12e place, constituer un groupe Élite pour intégrer rapidement les jeunes, recruter trois ou quatre éléments avec des profils arrêtés (un défenseur central, un numéro 10, un attaquant de pointe), ne pas brader les talents de son effectif (Sangaré, Jullien ou Gradel ne partiront qu’en cas d’offre énorme), bref le discours rationnel dont les supporteurs violets ont l’habitude. Aussi, cette conclusion peu avenante à La Dépêche Du Midi : « Toulouse, ce n’est pas génial, je peux le comprendre, il faudrait que cela vibre un tout petit peu plus. En attendant, si l’on pouvait essayer de ne pas vibrer parce qu’on est au tribunal de commerce... »

Statistiques générales 2018-2019

16e du championnat de L1 avec 38 points

Buts marqués : 35 (3 de moins que la saison précédente)

Buts encaissés : 57 (3 de plus que la saison précédente)

Buteurs : Gradel 11 Dossevi, Durmaz, Iseka 4 Sanogo 3 Sylla 2 Cahuzac, Diakité, Jullien, Mubele, Sangaré, Sidibé, Todibo 1

Passeurs : Gradel 5 Garcia 4 Dossevi, Durmaz, Sangaré 2 Amian 1

Cartons jaunes : Cahuzac, Jullien, Sidibé 8 Sangaré 7 Amian, Gradel 6 Durmaz, Sylla 5 Moubandjé, Sanogo, Todibo 3 Diakité, Garcia, Iseka, Jean, Moreira Shoji 2 Bostock, Mbia 1

Cartons rouges : Cahuzac, Iseka, Reynet, Todibo 1

Temps de jeu global (recrues du dernier mercato estival en azur)

Max-Alain Gradel 3240 minutes/36 matchs

Christopher Jullien 3015 minutes/34 matchs

Kelvin Amian 2880 minutes/32 matchs

Baptiste Reynet 2704 minutes/31 matchs

Ibrahim Sangaré 2467 minutes/28 matchs

Mathieu Dossevi 2467 minutes/35 matchs

Issiaga Sylla 1994 minutes/24 matchs

François Moubandjé 1935 minutes/22 matchs

Jimmy Durmaz 1901 minutes/36 matchs

Manuel Garcia 1837 minutes/31 matchs

Gen Shoji 1620 minutes/18 matchs

Aaron Leya-Iseka 1443 minutes/28 matchs

Yannick Cahuzac 1432 minutes/23 matchs

Kalidou Sidibé 1264 minutes/20 matchs

Yaya Sanogo 1244 minutes/21 matchs

John Bostock 983 minutes/16 matchs

Steven Moreira 862 minutes/10 matchs

Jean-Clair Todibo 833 minutes/10 matchs

Mauro Goicoechea 713 minutes/8 matchs

Bafodé Diakité 633 minutes/9 matchs

Corentin Jean 630 minutes/19 matchs

Firmin Mubele 466 minutes/15 matchs

Stéphane Mbia 446 minutes/5 matchs

Steven Fortes 137 minutes/6 matchs

Hakim El Mokeddem 25 minutes/2 matchs

Yann Bodiger 13 minutes/1 match

Marc Vidal, Mathieu Goncalves, Adil Taoui 0 minute

Combien de modifications à prévoir pour la photo de groupe de l’an prochain ?

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