Critique du film X-Men Dark Phoenix de Simon Kinberg

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-X-Men Dark Phoenix de Simon Kinberg, avec Sophie Turner, James McAvoy, Michael Fassbender (États-Unis ; sorti le 5 juin 2019) **

Dans cet ultime volet, les X-Men affrontent leur ennemi le plus puissant, Jean Grey, l’une des leurs. Au cours d’une mission de sauvetage dans l’espace, Jean Grey frôle la mort, frappée par une mystérieuse force cosmique. De retour sur Terre, cette force la rend non seulement infiniment plus puissante, mais aussi beaucoup plus instable. En lutte contre elle-même, Jean Grey déchaîne ses pouvoirs, incapable de les comprendre ou de les maîtriser. Devenue incontrôlable et dangereuse pour ses proches, elle défait peu à peu les liens qui unissent les X-Men.

Annoncé comme un chapitre de clôture, ce déroutant opus aurait plutôt tendance à ouvrir de nouvelles voies, une nouvelle temporalité, à redéfinir un peu mieux l’importance de X-Men n’ayant jamais eu besoin du Marvel Cinematic Universe pour exister. On peut même parler de film introductif, car il prend le temps de convoquer l’émergence des pouvoirs de Jean Grey, son traumatisme familial et sa formation au sein de l’école du Professeur Xavier. Sans se soucier de connecter le reste du récit avec les événements développés dans les précédentes productions. Il y a clairement un problème de rythme, de transition entre les séquences, tout s’enchaînant sans prendre le temps de poser les justifications nécessaires. À l’exception de la légère rébellion de Cyclope, accusant le mentor du groupe mutant de gouverner à seule fin de gloire personnelle, peu de place est faite au débat, aux interrogations quant à ce statut particulier qui leur incombe : être des marginaux voulant être reconnu des humains lambdas tout en cultivant leur différence. L’absence de Bryan Singer, cinq long-métrages de la franchise à son actif à la réalisation et/ou au scénario, a pesé lourd sur le rendu final. Tandis que la saga X-Men pouvait limite être qualifiée d’intellectuelle par rapport aux grosses ficelles du MCU, le producteur Simon Kinberg passe aux manettes et la remet sur un terrain plus propice au cinéma-spectacle de masse.

Tout n’est pas loupé, loin de là, on regrette cependant la tendance à enchaîner les bastons sans se poser pour mieux établir les enjeux. Conçu pour être compris par un public n’ayant pas forcément une connaissance exhaustive de l’univers traité, le scénario ne s’efforce pas de créer la moindre empathie ou travailler des sources d’intérêt parallèles pour se concentrer sur un seul point : parviendrons-t-il à juguler la puissance de Jean la possédée ? Avec des personnages aussi riches sur le papier, il est aberrant de produire une œuvre aussi peu inventive. Heureusement qu’on peut compter sur un casting cinq étoiles pour avaler la pilule. Si on peut adresser un mérite à Kinberg, c’est de s’être nourri des choix techniques opérés par les metteurs en scène qu’il a pu côtoyer sur cette saga, d’où quelques plans brillants, une ambiance punchy envoûtante (quoique bancale) ou encore le respect des codes posés (pas d’humour bas de gamme). Au final un programme cochant certaines cases sans être muni du caractère épique attendu pour une telle conclusion.

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