Toulouse Football Club – Bilan de l’intersaison 2019/Perspectives

By

Réussi sur le plan financier, l’intersaison du Toulouse Football Club n’en reste pas moins discret à l’échelle de la Ligue 1. Deux axes principaux ont concentré la stratégie des recruteurs : attirer des éléments susceptibles de combler certains départs importants (Christopher Jullien, François Moubandjé, Jimmy Durmaz) et conserver des valeurs sûres (Kelvin Amian, Ibrahim Sangaré, Max-Alain Gradel) pour s’éviter une nouvelle saison poussive. Et si la formule aboutissait enfin ?

« J’ai choisi de rester au TFC car je crois au projet sportif », bis repetita un an après pour Max-Alain Gradel, rare métronome capable de donner de l’allant offensif à une équipe violette pauvre en créativité. On promettait des eldorados idylliques et autres destinations exotiques à l’ancien box-to-box des Verts, il demeurera finalement au sein d’un groupe dont on peine à discerner la valeur réelle. Les pétrodollars ? Pas son style. Partir chez un plus gros poisson en Ligue 1 ? Pas au risque de devoir chauffer le banc de touche. Puis peu de clubs hexagonaux ont les moyens de racheter deux ans de contrat à un élément de sa valeur. Dans la ville rose, MAG bénéficie d’une cote intacte et de la certitude d’être aligné. Il s’avère de nouveau la plus belle surprise de l’été, en dépit d’un cocotier violet qui a été secoué dans tous les sens.

Mercato : Apparemment réussi, prétendument fini…

CEUX QUI PARTENT

Ce mercato marque une rupture importante dans l’effectif, avec une nouvelle saillie sur l’effectif-socle du temps pas si lointain de Pascal Dupraz : les huit millions récoltés pour Christopher Jullien (Celtic Glasgow) paraissent un beau hold-up, compte tenu du déclin progressif des performances de l’ancien Dijonnais au sein de l’axe défensif : impérial en 2016-2017, poussif la saison suivante, tendant parfois au catastrophique l’année écoulée. Ce départ était inéluctable et a été bien géré. Le divorce consommé avec Andy Delort a trouvé une issue rapide avec le voisin montpelliérain dans lequel il s’est épanoui en prêt la saison dernière, une option d’achat levé pour cinq millions. Moins rentables, mais tout aussi nécessaires compte tenu du faible temps de jeu dont ils bénéficiaient au TFC, les départs définitifs d’Alexis Blin pour 2 millions et Driss Khalid ont été actés (Amiens), tout comme ceux de Clément Michelin et Steven Fortes (Lens), du héros maudit de 2016 Yann Bodiger (Cadix après passage par Cordoue) ou du portier numéro 3 de longue date, Marc Vidal (trois matchs de L1 disputés en dix ans). La formule du prêt a été privilégié pour des récentes recrues au rendement mitigé : John Bostock se dirige de l’autre côté de la Manche (Nottingham Forest) tandis que Firmin Mubele va goûter à des contrées plus lointaines (Astana au Kazakhstan), à voir si ils se relanceront… leur absence sera moins préjudiciable que celle du batailleur Yannick Cahuzac, laissé libre de signer où bon lui semble (Lens) ou des créateurs intermittents Jimmy Durmaz (Galatasaray) et Manuel Garcia (de retour de prêt à Manchester City). Enfin, une figure devenue emblématique, le Suisse François Moubandjé, six ans de fidélité à la Garonne, latéral gauche quasi-immuable, tire sa révérence pendant qu’il en est encore temps (Dinamo Zagreb). Jamais considéré comme un crack, toujours respecté pour son dévouement, il restera un des hommes-idoines de ces années « maintien ».

CEUX QUI RESTENT

Le retournement de situation inattendu concernant Max-Alain Gradel n’a pas été la seule surprise de taille de l’intersaison. Ainsi le très convoité milieu défensif Ibrahim Sangaré devrait être de la partie pour une année supplémentaire, conséquence de la barre très haute imposé par Olivier Sadran pour le lâcher (entre 8 et 12 millions selon différentes sources). L’Ivoirien pourra compter dans son secteur avec l’une des révélations de la saison dernière, le pitchoun Kalidou Sidibé (18 rencontres disputées en L1). On peut étendre le constat à tous les étages, à savoir la conservation d’un élément-clé par ligne : Baptiste Reynet restera le gardien numéro 1, en dépit de quelques sollicitations au sein de l’Hexagone et de la compétition imposée par Mauro Goicoechea en remplaçant apprécié des foules. Kelvin Amian continuera à se bonifier au cœur ou sur les ailes d’une défense où l’étonnante recrue hivernale Gen Shoji doit confirmer sa réputation naissante. Aux côtés ou à l’insu de Steven Moreira, dont l’éclosion sans cesse annoncée prend du retard. Le quota de joueurs formés au club n’est pas en reste dans ce secteur avec Bafodé Diakité, Mathieu Goncalves ou Moussa Diarra. Les jeunes « anciens » Issiaga Sylla et Steeve Yago complètent ce tableau embouteillé. Ailier pouvant se mouvoir volontiers en meneur de jeu, Matthieu Dossevi devra gommer tous les doutes apparus suite à une première saison mitigée. L’ancien meilleur passeur de L1 avec Metz s’inscrit dans un projet à long terme et ne souffrira pas d’une grosse concurrence dans son pré carré. À la pointe de l’attaque, les joueurs s’empilent depuis plusieurs années sans avoir dégagé la prédominance d’un numéro 9 titulaire. Seront donc fidèles au poste, par défaut ou par choix, un Corentin Jean soignant une importante blessure, un Yaya Sanogo laborieux, un Aaron Leya-Iseka aux débuts prometteurs non suivis de lendemains ou encore un Adil Taoui au temps de jeu réduit à peau-de-chagrin.

CEUX QUI ARRIVENT

Cette ossature lourde d’attaquants est peu propice à faire de l’ombre à la recrue phare de cet été : le meilleur buteur du championnat grec Efthymios Koulouris avec l’Atromitos FC (19 buts en 28 matchs), annoncé comme le crack attendu, sorte de Kostas Mitroglou avant lessivage. Et si son style balourd rappelle un certain Akeksander Pesic, l’ouverture de son compteur-buts dés la première journée à Brest repousse les critiques dans les cordes. Plus longue à se dessiner, l’arrivée de Wesley Said confirme l’efficacité de la passerelle Dijon-TFC après Christopher Jullien et Baptiste Reynet. Il devrait amener sa plus-value technique sur le flanc de l’attaque, à défaut d’un grand sens du but (30 réalisations en 138 matchs L1-L2 confondus). Du reste, l’engagement de huit millions pour cet ancien international espoir peinant à confirmer apparaît comme une belle prise de risques. Celle-ci tranche avec le discours de fin de saison d’Olivier Sadran, annonçant se baser sur la formation et le groupe présent. Le choix de muscler le milieu de terrain avec Jean-Victor Makengo (Nice) et William Vainqueur (Antalyaspor via Monaco) s’avère plus mesuré puisque réalisé sous la forme de prêts. Le premier est tout juste âgé de 21 ans et n’a pas encore bénéficié d’un statut de titulaire indiscutable tandis que le second, bientôt 31 ans, vit sur le mythe de l’éternelle capacité à se relancer suite à ses expériences multiples en Belgique, Russie, Italie, OM et Turquie. Sa pige hivernale monégasque n’a hélas pas soulevé l’enthousiasme. Le poste à pourvoir le plus important restait l’axe défensif, et pour le coup le TFC a ravivé ses vieux réseaux « exotiques » en optant pour Agustin Rogel, Uruguayen inconnu ayant œuvré dans le championnat russe. On devra attendre pour savoir s’il s’agit d’une bonne pioche puisque le numéro 18 s’est fracturé la clavicule en retombant mal du côté de Francis-Le Blé. Verdict : deux mois d’indisponibilité minimum. Cinq recrues seulement, le total peut paraître faible compte tenu du nombre de départs. On se doit d’ajouter la signature d’un premier contrat pro pour Quentin Boisgard, de retour d’un prêt réussi à Pau en National 1 (29 matchs, 6 buts). Malgré les dires d’Alain Casanova quant à un marché des transferts « complètement terminé », on peut parier que le club restera à l’affût d’un bon coup d’ici la clôture officielle de la période des mutations en fin de mois.

Casanova passera-t-il le cap de la 2e saison ?

Plus que jamais la politique du Toulouse Football Club s’incarne via le peu charismatique mais bon soldat Alain Casanova, débutant sa 9e saison sur le banc de touche (septennat 2008-2015 puis retour en 2018), le punching-ball idéal des supporteurs lorsqu’il s’agit de stigmatiser le style de jeu ennuyant ou le manque d’ambition du club, protégeant par extension les errements de la cellule recrutement ou les priorités managériales discutables d’Olivier Sadran. Le début de saison dernière avait laissé apparaître un Casanova plus joueur, capable d’aligner ensemble plusieurs éléments créatifs tels Gradel, Dossevi et Durmaz, pouvant en sus compter dans l’entre-jeu sur l’abattage de l’homme aux doubles poumons, Ibrahim Sangaré. Hélas, les résultats peinant à venir, le vieux briscard a été rappelé à ses démons, cherchant avant tout à limiter la casse (16 nuls) avant de matérialiser une éventuelle ambition. La double correction aux 10e-11e journées à Nantes (4-0) puis devant Montpellier au Stadium (0-3) sonnera comme l’avertissement ultime, au-delà de la non-adéquation du score avec l’écart réel sur le terrain. Suffisamment décourageant pour fermer les vannes jusqu’à la fin de saison, une dizaine des défaites suivantes le seront par un seul but d’écart (notamment deux 1-0 face au PSG). Le trou noir à Lyon fait figure d’exception (5-1), tandis que le choc débridé devant l’OM (échec 2-5) se distinguait par l’absence d’enjeu. Aussi, le maintien acquis sans match couperet, en dépit du faible total de 38 points résulte d’un savant calcul, basé sur le rythme escargot des poursuivants. Une 16e place heureuse traduisant un service minimum. L’équipe aurait-elle su se montrer plus guerrière dans le cas de figure d’une saison « classique » avec un maintien autour de 42 points ?

Malgré un invraisemblable pénalty sifflé contre lui, le TFC a accroché un point à Brest.

Quelle équipe-type ?

L’homme qualifié d’entraîneur-formateur saura-t-il accompagner l’émergence de nouveaux pitchouns, au-delà des déjà connus Bafodé Diakité et Kalidou Sidibé ? Le projet annoncé de « groupe élite », sorte d’effectif A’ comportant les meilleurs jeunes du centre de formation prêts à tout moment à intégrer les pros, sonne pour l’instant comme un slogan, un vœu allant dans le sens de la détermination d’une réelle politique sportive. Pour qu’enfin le TFC soit autre chose qu’un club sympathique auquel on ne prête aucune identité ni ambition. Paris a le pouvoir de dénicher/conserver des stars établies, Monaco et Lille jurent par la spéculation sur des jeunes pouvant déboucher sur des grosses plus-values, l’OM s’est spécialisé à son grand détriment dans la relance de glorieux trentenaires, d’autres parlent de post-formation tels les Verts, côté violet on reste dans l’image caricaturale des recrutements lointains/incertains ayant caractérisé la deuxième partie de l’ère Olivier Sadran. L’annonce de la mise en avant des Pitchouns s’est heurté aux réalités du dernier mercato puisque les cinq arrivants ont vocation à être titulaires. Pour le déplacement à Brest, seul Wesley Said, n’ayant pas suivi toute la préparation avec le groupe, a été absent du onze-type. Si on ajoute Reynet dans les cages, le couteau suisse défensif Amian, l’as de la récupération Sangaré, et le duo de meneurs Gradel-Dossevi, tous très difficiles à écarter de la composition de départ, l’ouverture à la jeunesse relève de la fiction. Les supporteurs violets n’en demeurent pas moins parcourus du même frisson à chaque début de saison, cet horizon du possible au moment de survoler les noms composant son effectif et de trouver beaucoup plus faible celui de nombreux autres clubs secondaires de L1. Manquerait plus comme l’an dernier de réaliser un beau mois d’août pour donner un peu plus d’ampleur à ce rêve éveillé…

Nouveaux maillots, nouveaux espoirs.

Résultats et buteurs des matchs de préparation du Toulouse FC

06/07 TFC-Tarbes 3-0 (rencontre de 60 minutes) / Buts de Boisgard, Koulouris Zobo.

09/07 TFC-Béziers 0-0

13/07 TFC-AC Ajaccio 1-0 / But de Bostock

19/07 Strasbourg-TFC 3-1 / But de Boisgard

24/07 TFC-Al Arabi 3-2 / Buts de Makengo, Iseka, Adli

27/07 TFC-Nîmes 1-2 / But de Iseka

03/08 Notwich-TFC 1-0

Le calendrier estival toulousain : douceurs et leader

1ère journée (10/08) Brest-TFC 1-1

2e journée (17/08) TFC-Dijon

3e journée (25/08) Paris SG-TFC

4e journée (31/08) TFC-Amiens

Publicités