Toulouse Football Club, un début de saison prometteur ? – Oui/non (le point avant ASSE-TFC 5e journée Ligue 1 2019-2020)

By

Avec sept points dans l’escarcelle au bout de quatre journées, le Toulouse Football Club s’est déjà enlevé une bonne dose de pression, pointant à la 9e place à deux petites unités des leaders. Avec un peu de réussite offensive, le total aurait pu être de neuf points, mais sans un grand Baptiste Reynet dans les cages on aurait pu aisément tomber à quatre ou cinq. D’où la nécessité de relativiser l’enthousiasme naissant avec une formule oui/non par nature mesurée.

OUI : Le bilan comptable est là

Ce qui est pris n’est plus à prendre, à savoir sept points engrangés sur douze possibles, on serait tenté d’écrire « sur neuf possibles » tant le statut des rencontres face au Paris SG est à part pour un club moyen de Ligue 1. Dans l’idée fantasmatique de maintenir cette moyenne sur l’ensemble de cet exercice 2019-2020, une projection donnerait un total final entre 66 et 68 points, soit une place au chaud dans le top 5 si l’on se réfère aux dernières saisons. En étant plus réaliste, on peut arguer que ce bon départ place idéalement le club dans son objectif de terminer enfin dans la première moitié de tableau après cinq ans de galères et basse besogne, rayon de soleil Pascal Dupraz mis à part. En mettant de côté les oppositions avec les supposés ogres (PSG, OL, OM, Monaco) et autres formations censées bénéficier d’un coup d’avance (Lille, Nice, Bordeaux, Rennes, Saint-Étienne), les Violets ont confirmé avoir les ressources suffisantes pour dominer des équipes de leur calibre (Nantes, Montpellier, Strasbourg) ou supposées inférieures (Metz, Dijon, Amiens, Nîmes, Brest, Reims, Angers). En poursuivant dans une optique de réalisme, les maux de tête de la lutte pour le maintien devraient laisser la place au plaisir d’un avenir rapidement sécurisé.

En cas de succès dans le Chaudron, le TFC pourrait se hisser à la 3e place.

OUI : Des nouveaux déjà comme chez eux

Pour des bonnes pioches, on peut dire que ça en est ! Déjà deux buts et une passe décisive pour la principale recrue offensive, Efthymios Koulouris, loin d’être un génie mais assurément un travailleur infatigable et doté de la volonté de se fondre dans un collectif rapidement. Idem pour le milieu ferrailleur Jean-Victor Makengo, lui aussi deux pions au compteur et un rôle essentiel dans l’entre-jeu, à savoir celui de la jonction entre les récupérateurs et les créateurs offensifs tels Mathieu Dossevi et Max-Alain Gradel. C’est simple, on dirait qu’il a toujours fait partie de la maison ! C’était loin d’être gagné pour l’ancienne révélation du Stade Malherbes de Caen, peu en vue la saison passée à Nice (un but en 25 rencontres).

La prudence est de mise concernant William Vainqueur, quatre fois titulaire et visiblement encore limité physiquement, lacune compensée par l’abattage d’un Ibrahim Sangaré à ses côtés. L’ancien Marseillais est de fait bien intégré dans l’effectif et voué à demeurer dans le onze-type. Sort dont ne peuvent encore se targuer Wesley Said (moins de 40 minutes de temps de jeu cumulé) ou le revenant Quentin Boisgard (83 minutes jouées), percutants à chacune de leurs entrées. Seul nouveau à ne pas avoir encore séduit le public, le défenseur central Agustin Rogel, blessé pour l’inauguration de la saison à Brest, ce qui a nécessité la venue de Nicolas Isimat-Mirin qui devrait débuter à Saint-Étienne pour la 5e journée de Ligue 1.

Débuts idylliques pour Makengo « SNCF » (pour les initiés de la ville rose)

OUI : Une ossature finalement conservée

À peine le nouveau cycle Casanova débuté que l’on nous promettait une cassure dans l’effectif avec les départs des éléments les plus bancables. Or pas de drame à l’horizon au dernier mercato, juste des envols attendus (Christopher Jullien, Andy Delort), fins de contrats (Jimmy Durmaz) ou retours de prêt (Manuel Garcia). Chaque ligne de jeu a gardé sa valeur sûre, son homme providentiel, à commencer par le gardien revanchard Baptiste Reynet, excellent durant le mois d’août, idem pour le polyvalent défenseur Kelvin Amian, en progrès constant chaque année. La bataille fut plus rude, mais remportée, pour conserver le très convoité Ibrahim Sangaré en milieu défensif ou encore Max-Alain Gradel, tenté par des destinations lointaines (Emirats, Qatar) qui auraient mis sa famille à l’abri pour plusieurs générations. Or ces deux joyaux ont choisi, à contrecœur ou non, de demeurer toulousains une saison de plus. Si on se réfère à leurs premiers pas en Ligue 1 2019-2020, c’est pour le meilleur.

Les principaux atouts de l’effectif fidèles au poste.

NON : Le trompe-l’œil consistant à commencer par les « petits »

9e après quatre journées, et alors ? L’an dernier au même stade le premier du classement se nommait déjà le Paris SG et les Violets occupaient la dernière marche…du podium. Trois victoires consécutives (Bordeaux et Nîmes au Stadium, Guingamp au Roudourou) avaient fait naître les mêmes espoirs estivaux…le succès suivant avait dû attendre la 16e journée (déplacement à Reims). Si le TFC a souvent été le « tube » de l’été sous l’ère Sadran, cela ne doit rien au hasard et tout au calendrier confectionné par la Ligue. Comme on le sait désormais, le programme de la saison répond à un mix entre demandes des clubs, exigences des diffuseurs et nécessités de sécurité quant à la tenue d’événements sportifs dans un périmètre donné. La spécialité des dirigeants violets est de militer pour obtenir un début de calendrier doux, leçon issue d’un exercice de retour en Ligue 1 délicat (2003-2004) où un enchaînement douloureux (Strasbourg, Rennes, Lille, Lyon, Bastia, Paris SG) avait abouti à traîner un handicap toute l’année (deux points seulement lors des six premières journées). Dès 2004-2005, les Violets occupent la place de leader au bout de cinq journées, à l’issue de la réception gagnante de l’AC Ajaccio. L’exemple le plus frappant est 2010-2011 avec quatre victoires de rang, les trois « petits » Brest, Arles-Avignon et Nancy auquel se rajoute le derby face aux Girondins. Derrière, le club a beaucoup peiné à confirmer…

Les violets de Mauro Cetto avaient essuyé une rouste 3-0 à Lyon en ouverture de la saison 2008-2009, pourtant achevée à la 4e place.

NON : Des fulgurances mais pas d’amélioration notable dans le jeu

Oublions un instant les résultats et concentrons-nous sur le jeu. Sur l’ensemble de quatre rencontres, combien de temps le TFC s’est montré dominateur ou a minima maître de la situation vis-à-vis de son adversaire ? À Brest, les Violets ramènent un point heureux suite à un pénalty repoussé par Reynet, ils ont été littéralement mangés par le promu en termes de manière et de motivation. Face à Dijon, c’est le néant avant un sursaut d’orgueil en deuxième mi-temps. À Paris, c’est le refus pur et simple du jeu pour limiter un temps la punition. Le retour aux vestiaires sous le score de 0-0 au bout de 45 minutes conforte la stratégie initiale, sauf que la fessée sera bien au rendez-vous. Enfin, Amiens au Stadium, la bis repetita de la réception de Dijon, brume puis luminosité le temps de la deuxième période. Au cumul de huit mi-temps, les Toulousains en ont donc réussi deux. Pas de quoi sauter au plafond ou relever des différences notables dans la qualité pure, seules les habiletés individuelles et quelques éclairs ont permis de sortir la tête de l’eau. Aucune révolution à l’horizon, pas même une nouvelle organisation.

Les vœux de renouveau ayant émergé après le sauvetage de 2016 n’ont toujours pas été exaucés.

NON : Un conflit latent à craindre avec tous les pitchouns inclus dans le groupe pro

Déçus par les résultats de la saison passée, en dépit d’un recrutement ambitieux (Bostock, Reynet, Dossevi, M.Garcia, Iseka), les dirigeants du TFC ont tôt fait de promettre un revirement de stratégie, à savoir privilégier désormais les joueurs issus du centre de formation plutôt que chercher ailleurs ce qu’on est censé avoir sous la main. Aussi, une dizaine de ces « pitchouns » sont à présent partie intégrante du groupe professionnel quand les seuls Bafodé Diakité et Kalidou Sidibé avaient émergé la saison dernière. Soit une proportion frisant les 50 % sur la totalité du groupe. Pour plus de cohérence, il aurait fallu qu’une moitié de ces émergents apparaissent en bonne place sur les feuilles de match. Or, les arrivées parallèles de recrues vouées à être titulaires gomment cette illusoire perspective. Reprenons à titre d’exemple le groupe des dix-huit face à Amiens, comprenant seulement quatre de ces nouveaux pitchouns dont le seul Bafodé Diakité comme titulaire. Comment parler de nouvelle orientation si ces jeunes auront toujours pour terrain de prédilection l’équipe réserve ? Et comment ne pas envisager l’expression de leur frustration à un moment de l’année ?

Combien parmi ces finalistes de la Coupe Gambardella 2019 connaîtront le haut niveau sous le maillot violet ?