Critique d’Inséparables de Varante Soudjian

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Inséparables de Varante Soudjian, avec Ahmed Sylla, Alban Ivanov, Judith El Zein… (France ; sorti le 4 septembre 2019) **

Mika, un petit escroc, a fait un rapide tour en prison, où il a fait la connaissance de « Poutine », un détenu cinglé et imprévisible. Sitôt sa peine purgée, il décide de repartir à zéro et de refaire sa vie. Alors qu’il s’apprête à épouser la fille d’un riche homme d’affaires, son passé le rattrape : Poutine débarque sans prévenir ! Mika va vite réliser qu’on ne se débarrasse pas aisément d’un tel boulet…

Six mois. Soit le faible délai entre la sortie des deux premiers films de Varante Soudjian, une rapidité rarissime au point de se demander s’ils n’ont été tournés en parallèle. Beaucoup de similarité dans l’esprit, le style mêlant action movie et humour absurde dans un cadre irrationnel, et surtout des figures communes au casting (Alban Ivanov, Judith El Zein, David Salles) enfonçant le clou. Walter était une sorte de huis-clos où un vigile aux capacités surnaturelles matait les plans de cambriolage d’une bande de pieds nickelés. Une comédie sympa dans la lignée d’une centaine d’autres. Difficile de ne pas écrire la même chose concernant cet Inséparables répondant parfaitement aux codes du genre, sans jamais les transcender.

Les fans d’Alban Ivanov seront aux anges tant l’exubérance contrôlée et la folie sobre du personnage sont quasiment de tous les plans. Le parcours cinématographique du jeune comique (35 ans) commence à prendre une sacrée épaisseur depuis deux ans, avec une participation à nombre de succès populaires (Patients, Le sens de la fête, Le grand bain) auxquels s’ajouteront sans doute La vie scolaire, actuellement en salles, et Hors norme, le dernier-né du duo Olivier Nakache-Eric Toledano, qui sortira fin octobre. Comparativement, la prestation d’Ahmed Sylla en délinquant ordinaire entré dans un cercle bourgeois sonne plutôt fade, celui-ci jouant toujours sur le même registre pour minimiser le surréalisme de l’intrigue. Or, quitte à aller dans le loufoque, on aurait apprécié que Soudjian lâche véritablement le frein à main. Un scénario un brin trop prévisible empêche le tout de décoller au-dessus de la masse. Si on le regarde sans attentes démesurées, on peut reconnaître que le film fonctionne plutôt bien, il détend aussi bien qu’il s’oublie vite.

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