Critique de Fourmi de Julie Rappeneau

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-Fourmi de Julien Rappeneau, avec François Damiens, Maleaume Paquin, André Dussollier… France ; sorti le 4 septembre 2019) **

Le jeune Theo, surnommé « Fourmi », aimerait redonner de l’espoir à son père, Laurent, un grand gaillard solitaire et désabusé par la vie. L’occasion se présente quand Théo est sur le point d’être recruté par un grand club de foot anglais. Finalement non sélectionné car jugé trop petit, Fourmi n’a pas le cœur d’imposer une déception de plus à son père. Il se lance alors dans un mensonge qui va rapidement le dépasser…

Impression mitigée au sortir de ce « petit » film auquel on prêtait des ambitions plus grosses au vu de son casting. La présence de François Damiens dans le rôle principal du beauf attachant s’avère essentielle pour nous garder en alerte. Malgré des rôles secondaires voire tertiaires leur laissant peu de matière, André Dussollier et Ludivine Sagnier méritent aussi la mention honorable. Hélas, un scénario sans la moindre finesse et une réalisation globale sans idée directrice forte donne un aspect banal voire anecdotique. On se croirait devant un téléfilm du mercredi soir ou un épisode d’une série campagnarde tendance niaise.

Ce film est la preuve définitive qu’il ne suffit pas de matérialiser les rêves d’un gamin à la belle gueule pour émouvoir. Gagner la sympathie, oui assurément, toucher au plus profond du cœur est une mission plus compliquée. Aussi, Maleaume Paquin ne paraît pas spécialement à l’aise dans le costume, comme étranger ou insensible aux conséquences de son mensonge initial. La base laissait entrevoir une comédie jubilatoire, comparable au premier Tanguy ou à une satire sociale autour des parents frustrés voulant s’accaparer la réussite de leurs rejetons. Là on reste dans un jeu gentillet, sans gradation ni le moindre débordement apte à contourner le côté cousu de fil blanc. Cet espèce de conte de fée, adapté d’une bande-dessinée, se prêtait peut-être davantage à un format court-métrage, plus prompt à lui insuffler une meilleure dynamique. Ce petit moment de bienveillance satisfait toutefois à ses vertus de légèreté.

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