Le TFC relégable, et pourtant tout va mieux promis ! – Le point avant TFC-OM (14e journée Ligue 1 2019-2020)

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Avalanche de buts encaissés, compos d’équipes bricolées, malaise Ibrahim Sangaré, place de relégable à la clé, on a fait meilleure synthèse pour des débuts sur un banc de touche. Et pourtant sur la forme, on constate un changement agréable depuis la prise en mains du TFC par Antoine Kombouaré. Des résultats pour bientôt ? À commencer par ce soir avec la réception de l’OM…

« El-Man-Der ! El-Man-Der ! Ho ho ho ho ho, ho ho ho ho ho», vous vous en rappelez ? On parle d’un temps que les moins de quinze ans ne peuvent pas connaître…Le Tèf en ce temps-là (24 février 2007) assénait un implacable 3-0 à un OM qui finira pourtant 2e en fin de saison ! De leur côté, les hommes d’Élie Baup, 10e à l’issue de la phase aller, atteindront la troisième marche du podium quasi miraculeusement. Dans un championnat rapidement plié par l’ogre lyonnais, les Violets parviennent à obtenir une moyenne de points supérieure au champion entre janvier et mai. Ce genre de retournement de situation est-il susceptible de se reproduire au sein d’une saison 2019-2020 où le ventre mou va de la 2e à la 20e place ? Le bilan comptable tend à tempérer les grandes espérances, mais le jeu déployé depuis l’arrivée d’Antoine Kombouaré sur le banc laisse résolument optimiste.

Toujours autant de peurs, mais plus d’ennui devant un match du TFC

Le jeu, parlons-en. Il ne sera pas aisé de se débarrasser de l’étiquette du club le plus « impropre » de la Ligue 1, celui dont la descente ne contrarierait personne à plus de 30 km de la périphérie toulousaine. Or, le discours inaugural du nouveau coach inquiétait dans la mesure où il parlait de « mettre des tampons » ou de « les poser sur la table » (pour paraphraser les intentions). Des propos prompts à satisfaire la caste journalistique quand il s’agit de classer AK dans la catégorie des meneurs d’hommes aux côtés des Pascal Dupraz et Frédéric Antonetti. Mais il serait bien injuste de lui nier des compétences tactiques. La victoire du 19 octobre face à Lille (2-1) est avant tout la sienne. La résultante d’une ambition qui l’a vu passer du système hybride Casanovien (un 4-1-4-1 déguisé en 4-3-3) où une seule vraie pointe était alignée à un pur 4-4-2 traditionnel. Pour la première fois de la saison, les trois créatifs (Gradel, Dossevi, Said) étaient alignés ensemble au coup d’envoi. Kombouaré a aussi bénéficié d’un peu de chance (de courte durée) avec le retour de blessure de Bafodé Diakité en défense centrale, permettant à Kelvin Amian de rebasculer dans son couloir droit de prédilection. L’animation du jeu prend une tournure beaucoup plus limpide. Les occasions pleuvent (17 tirs dont six cadrés, presque le double du nombre de frappes du LOSC) en dépit d’une possession de balle limitée à 44 %. Surtout, les joueurs se libèrent, à l’image d’un Max-Alain Gradel jusque là timoré cette saison. Peut-être trop à l’aise désormais, puisqu’il loupe le pénalty d’un potentiel 3-0 qui aurait davantage reflété la belle prestation collective des Violets.

Cette simple joie de jouer, déteignant forcément sur le téléspectateur, on la retrouve identique du côté de Rennes huit jours plus tard. Malgré le coup de la panne en début de match, caractéristique du début de saison sous Casanova, le TFC ne désarme pas et domine l’essentiel de la rencontre. Le nécessaire pour passer de 2-0 au bout de six minutes à 2-2 à six minutes de la fin ! Impeccable toute la partie, Gradel parachève son œuvre d’un coup franc chirurgicale pour l’égalisation. Le manque de rigueur rattrape les Violets en toute fin de rencontre, libérant la joie des Rennais et surtout de leur coach Julien Stéphan se sachant en sursis.

Aussi anecdotique soit-elle, la qualification obtenue à Niort en coupe de la Ligue (1-2) avec une équipe largement remaniée sonne comme un beau symbole pour un club habitué à être sorti par des « petits » dans les deux coupes. Le scénario catastrophe pointait avec l’ouverture du score des locaux sur pénalty et l’inefficacité offensive des Violets (1-0 à la mi-temps). La situation est néanmoins renversée avec un une-deux d’école entre Gradel et Boisgard pour un but plein de finesse. Il s’agit déjà du troisième inscrit en trois matchs pour l’Ivoirien. Un rythme que l’on ne lui connaissait pas avant l’arrivée d’Antoine Kombouaré. Lancé en profondeur, Yaya Sanogo inscrit pour sa part un but plein de sang-froid. Voilà l’autre résurrection que l’on constate depuis le changement de coach. L’ancien grand espoir du foot international nous referait-il le coup de 2017-2018, lorsque sous les ordres d’un Mickaël Debève projeté en pompier de service son niveau s’était soudain élevé ?

Le TFC affiche seulement un point de retard sur les Lyonnais au moment de les recevoir le 2 novembre. Et en toute objectivité, il s’en est fallu de peu pour que la troupe d’AK replonge l’OL du nouvellement intronisé Rudi Garcia dans le doute. Si l’aspect technique est à l’avantage des visiteurs, la volonté et la cohésion collective crève l’écran du côté violet. Elles seules expliquent la capacité d’avoir pu mener deux fois au score (1-0, puis 2-1) et d’être passé près de porter l’estocade sur une frappe atomique d’Efthymios Koulouris, malheureux sur cette rencontre. Le fin fond du temps additionnel sera de nouveau fatal au TFC, par le biais de la géniale armada offensive lyonnaise Reine-Adelaide/M.Dembélé/Depay. Ce dernier nommé en particulier puisqu’il y va d’un exploit personnel pour arracher la victoire. Une issue encore plus frustrante qu’à Rennes. La défaite du travail bien orchestré contre le talent pur, par nature imprévisible.

Comment expliquer alors ce non-match livré à Montpellier avant la coupure internationale ? Par une faillite tactique avant tout. De la même façon qu’on peut créditer AK d’un renouveau certain dans l’animation, on peut lui imputer des erreurs de casting et de système sur cette rencontre. Le voilà revenu sans raison apparente à une composition frileuse rappelant le pire de la deuxième ère Casanova. Ce TFC-là joue peu et mal, comme en témoigne les totaux de ballons exploités par les artisans de l’entrejeu (33 pour Vainqueur, 31 pour Dossevi, 30 pour Gradel)…bien en deçà de leurs standards. Les présences des pitchouns M.Diarra et K.Koné n’ont pas aidé, tout comme celle d’un Sangaré volontaire mais trop dispersé (voir par ailleurs). En l’absence de William Vainqueur (suspendu) à ses côtés, les failles de l’Ivoirien risquent-elles d’apparaître davantage encore face à l’OM ?

Malaise Sangaré

Voilà sans doute le seul insatisfait des orientations de jeu voulues par Antoine Kombouaré, et surtout de la méthode consistant à bousculer un élément perçu comme intouchable depuis trois saisons. La baisse de l’abattage de l’Ivoirien au milieu de terrain ne date pas de cet automne, on peut situer le mal comme remontant à au moins un an. Suite à un retour de blessure, le milieu défensif a perdu autant de son impact que de sa clairvoyance. De révélation enthousiasmante, il est passé au statut de joueur que l’on aligne faute de mieux. Jusqu’ici aucune remise en cause public de la part du club. Un tournant fut pris brutalement à Rennes. Après plusieurs appels à se dépasser, AK décide de le sortir dès la 28e minute, lassé par sa nonchalance et alors que le score est de 2-0 pour le Stade Rennais. Le changement porte ses fruits assez vite, le jeu devient plus tranchant et le TFC manque de peu de ramener le point du nul. Quant à Sangaré, il n’est pas du groupe pour le déplacement en Coupe de la Ligue à Niort, pas plus pour la réception de Lyon au Stadium. Relancé dans un milieu défensif à trois à Montpellier, il retrouve des chiffres plus en rapport avec son influence d’antan (81 ballons touchés) sauf que la part de déchet est trop importante (environ un sur quatre perdu). Cependant, le malaise Sangaré va au-delà du joueur, c’est bien la dite suffisance de l’homme qui est visée. Le dernier exemple en date ? Son retour au club exigé durant la mini-trêve internationale alors qu’il avait été initialement autorisé à participer à la CAN des -23 ans ! La proximité de la finale de cette compétition (jouée vendredi) avec la réception de l’OM, couplée à la suspension de William Vainqueur, rendait certes la chose nécessaire. Le message adressé est clair : pas de cadeau, ni de passe-droits pour les cadres du vestiaire. De quoi piquer l’orgueil des plus téméraires ?

Ibrahim Sangaré sanctionné d’un remplacement anticipé lors de Rennes-TFC.

Maudit axe défensif

« S’il faut marquer trois buts à chaque fois pour espérer gagner un match, ça va devenir difficile » a lâché un Matthieu Dossevi irrité à la mi-temps de Rennes-TFC. Le mal numéro un du club est plus que jamais d’actualité : pire défense de L1 (25 buts encaissés), huit de plus que la lanterne rouge nîmoise ! Et ce avec un gardien pourtant en grande forme. Il faut donc traiter le sujet sur un angle d’équilibre plus global. Du manque de complémentarité de la charnière aux problèmes de replis des latéraux en passant par les failles à la récupération. Parlons du plus voyant, l’axe défensif, caractérisé par une forte instabilité (huit duos différents alignés en treize rencontres). Pour le coup, les choix des entraîneurs successifs ont eu moins d’impact que les circonstances. Recruté pour palier au départ de Christopher Jullien au Celtic Glasgow, Agustin Rogel s’est blessé dès le match d’ouverture. Alain Casanova a trouvé un plan B raisonnable avec l’association Amian-Diakité qui a tenu quatre matchs (pour deux clean sheets et une rouste à Paris). L’arrivée du joker Isimat-Mirin et le retour de blessure de Shoji ont redistribué les cartes avant le déplacement à Nîmes (6e journée). En apparence un bienfait pour les alternatives offertes. Sauf que Diakité se blesse dans la foulée, puis le Japonais rechute à son tour. En désespoir de cause, AK tente même de lancer Matthieu Goncalves face à Lyon. Sa prestation mitigée incite à une nouvelle expérimentation à Montpellier avec l’apparition de M.Diarra. Nouveau flop, et persistance de maux de tête en vue pour le coach kanak. La naïveté d’un collectif devenu trop joueur ne suffit pas à expliquer les multiples craquages de début et fin de match. C’est bien d’un patron dont a besoin cette équipe, qu’il soit axial ou autre. Ce métronome doit être trouvé de toute urgence pour ne pas réduire les accomplissements du secteur offensif au dérisoire. Et s’il faut, comme l’an dernier, ne pas cracher sur l’hypothèse d’un renfort durant le marché hivernal.

Une nouvelle séance de liesse collective dès ce soir ?

Les groupes pour TFC-OM

TFC

Gardiens : Goicoechea, Reynet.

Défenseurs : Amian, Gonvalves, Isimat-Mirin, S.Moreira, Rogel, Sylla.

Milieux : Boisgard, Dossevi, Gradel, K.Koné, Makengo, Sangaré

Attaquants : Koulouris, Leya Iseka Said, Sanogo.

Blessés : Adli, Diakité, Rouault, Shoji, Sidibé

Suspendu : Vainqueur

Choix de l’entraîneur : Antiste, Bloch, Jean, Ngoumou, Sanna, Taoui, Zobo

Marseille

Gardiens : Dia, Mandanda, Pelé

Défenseurs : Abdallah, Kamara, Nkounkou, Perrin, Sakai, Sarr

Milieux : Chabrolle, M.Lopez, Payet, Rongier, M.Sanson, Stootman

Attaquants : Aké, Benedetto, Germain, Lihadji, Radonjic

Blessé : Thauvin

Suspendus : Amavi, Caleta-Car, A.Gonzalez

Calendrier du TFC jusqu’à la fin de l’année civile

Ligue 1 J15 (30/11) Nantes-TFC

Ligue 1 J16 (04/12) TFC-Monaco

Ligue 1 J17 (07/12) Strasbourg-TFC

Ligue 1 J18 (14/12) TFC-Reims

Coupe de la Ligue 1/8 (18/12) Lyon-TFC

Ligue 1 J19 (21/12) Nice-TFC

La conférence de presse d’Antoine Kombouaré avant TFC-OM