Bilan MMA 2019 Partie 1 : Le flop 5 et mentions (ActuMMA)

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La rédaction d’ActuMMA se plie volontiers à la tradition du bilan, une année 2019 déclinée en trois parties, à commencer par le classement des flops.

Avant de dévoiler notre sélection, précisons bien entendu qu’elle comporte une large part de subjectivité. Cependant, nous avons tenus à tendre vers des données objectives. Par exemple en hiérarchisant les évènements en fonction de l’importance de leur impact, leur notoriété comme leurs conséquences sur le monde du MMA. Pour prendre un exemple simple, le KO subi par une star invaincue dans une grande organisation pèsera davantage qu’une série de désillusions connues par un ancien prospect d’une ligue secondaire.

Commençons par quelques mentions honorables, ou devrait-on dire déshonorantes dans le cas présent :

Quinton Jackson (Bellator) : Un effondrement à la limite du risible face à Fedor Emelianenko pour l’ultime show Bellator de l’année, qui plus est au Japon, son ancienne terre de gloire. Un combat qu’un Rampage à grosse bedaine n’avait apparemment pas prévu de gagner. Bien sûr, on ne s’attendait pas à un duel de haut niveau entre ces deux stars vieillissantes, mais au moins pouvait-on espérer un brin de motivation. Sans être génial ou même varié dans son style, Quinton avait démontré son envie au moment de confronter pour la quatrième fois son rival historique Wanderlei Silva en septembre 2018. Pas cette fois.

Tai Tuivasa (UFC) : Avec le recul, on se dit que Cyril Asker n’avait pas grand-chose à envier au jeune Australien. La correction subie par le Français début 2018 semblait d’abord de l’ordre du psychologique, de la peur de la bête en face de lui. Tombé sur l’os Junior Dos Santos dès la fin de cette même année, Tuivasa a enquillé deux nouveaux revers en 2019 : une décision sans appel face à Blagoy Ivanov et un étranglement (Arm-Triangle Choke) de la part de Sergey Spivak. Un échec clair et net pour ce poids lourds trop vite entré dans le top 15.

Luke Rockhold (UFC) : Notre refus de tirer sur les ambulances nous incite à épargner l’ancien champion poids moyens. Monté chez les mi-lourds avec l’idée de défier Jon Jones à court terme, le Californien est littéralement liquidé par Jan Blachowicz pour sa première (et dernière ?) à 93 kg.

Chris Weidman (UFC) : Même tentative, même conséquence. Le double tombeur d’Anderson Silva avait l’ambition de devenir champ-champ, mais a été accueilli chez les mi-lourds avec toute la malveillance nécessaire par Dominick Reyes.

Sage Northcutt (ONE) : L’ancien prodige à la gueule d’ange comptait se refaire la cerise en migrant en Asie. Pour sa seule apparition au One Championship, il a été atomisé en 29 secondes par le kickboxeur pro Cosmo Alexandre.

Muhammed Lawal (Rizin/Bellator) : L’ancien champion du StrikeForce bénéficie encore de suffisamment de star power pour obtenir des combats intéressants. Il a hélas porté sa série, entamée en 2018, à quatre défaites de rang, échouant à conquérir le titre mi-lourds inaugural du Rizin FF puis mis KO par le confidentiel Andrew Kapel. Il a annoncé sa retraite dans la foulée.

Myles Jury (UFC/Bellator) : L’un des plus gros déclins de ces dernières années. Passé d’un score immaculé de 15-0 à 17-5 sans que l’on comprenne vraiment comment la machine s’est enrayée. En février, sa défaite par décision unanime contre Andre Fili est fatale à sa carrière dans l’Octogone. Passé au Bellator, il s’incline cette fois face à Benson Henderson.

Eddie Alvarez (ONE) : Pas le transfert le plus brillant de l’année. Participant au tournoi poids légers sur-mesure du One Championship, il s’incline par TKO au 1er round contre le Russe Timofey Nastyukhin. Vainqueur de la figure respectée Eduard Folayang durant l’été, Alvarez est repêché au gré des blessures pour concourir à la finale du tournoi en octobre. Hélas, il doit décliner à son tour, loupant l’occasion de se refaire.

John Howard (PFL) : Déception plus que véritable flop pour l’ancien grand espoir des poids welters. Son année à la Professional Fighters League est marquée du paradoxe d’avoir mis KO le futur champion (Ray Cooper III) en saison régulière, avant d’être éliminé par le futur finaliste, David Michaud. Howard s’est aussi incliné par guillotine face à Magomed Magomedkherimov en début de parcours.

Gregor Gillespie (UFC) : Fin de streak effroyable pour le beau gosse de la catégorie lightweight. Après six succès convaincants dans l’Octogone entre septembre 2016 et janvier 2019 (13-0 au total), il est foudroyé par un head kick venant d’un Kevin Lee en retour de vibs.

Flop 5

5E

Steven Siler (Professional Fighters League) : Finaliste méritoire de l’édition 2018 face à l’intouchable Lance Palmer, Siler s’alignait sur la grille de départ du tournoi featherweight PFL avec un statut de favori. Cette fois, il ne se qualifie même pas pour les playoffs, enregistrant deux défaites par décision, face à des combattants qui n’iront pas bien loin dans le tournoi par ailleurs. Passé par le WSOF, le Titan FC et bien entendu l’UFC (neuf apparitions), Siler, 53 combats pros, apparait déjà rincé à l’âge de 32 ans.

4E

TJ Dillashaw (UFC) : Un choix autant politique que sportif. Bien sûr il y a la défaite radicale et inattendue en début d’année contre Henry Cejudo, mais aurait-elle pesé lourd si la revanche avait pu avoir lieu en bantamweight ? Au lieu de cela, l’ancien membre de la team Alpha Male est tombé pour prise d’EPO et devra ronger son frein jusqu’au début de l’année 2021. Un vrai handicap pour la notoriété de la division des coqs dont l’essor semblait avoir été acquis avec le trio Cruz/Dillahaw/Garbrandt.

3E

Aaron Pico (Bellator) : Lutteur phénoménal surgi sur la scène MMA à seulement 20 ans, pris sous son aile par le prestigieux entraîneur Greg Jackson, coaché en boxe par nul autre que Freddie Roach, Pico enquille les prestations de haut vol au Bellator en 2017-2018. Sa série de quatre victoires au premier round était annonciatrice de grands lendemains. Tous ses succès, acquis par des KO de nature différente, témoignaient d’une diversité de striking assez folle. L’a-t-on vu trop beau ? Le Bellator a-t-il trop précipité son ascension ? Toujours est-il qu’il a essuyé deux cruels revers en 2019. D’abord par un soudain KO contre un Henry Corrales qu’il était passé tout près de finir quelques secondes avant. Rebelote face au Hongrois Adam Borics, l’une des grosses sensations du moment (14-0 MMA, 5-0 Bellator). Pico impose sa puissante lutte et réalise un ground & pound de bonne facture durant tout le 1er round. Ce travail de sape vole en éclat en un instant : coup de genou sauté et matraquage rapide de Borics pour un TKO venu de nulle part.

2E

Johnny Walker (UFC) : Une seule défaite à son passif, mais quelle conséquence ! Les analystes de MMA s’accordaient tous pour louer le profil atypique de ce Brésilien, susceptible de se placer sur la route de Jon Jones rapidement. Et bim, le trou noir ! Son non-combat face à Corey Anderson à l’UFC 244 lui a sans doute coûté quelques années dans son ascension programmée. Sans être un couac absolu, son année est gâchée à la surprise générale ! Rappelons aussi sa blessure ridicule survenue pendant sa célébration après le KO sur Misha Cirkunov en mars… un gag qui l’aura empêché mine de rien de disputer un combat supplémentaire en 2019.

1ER

Ben Askren (UFC) : Il n’y a pas photo pour la première marche de ce rayon déception/flop. Sur l’échelle notoriété/échec, l’ancien double champion du Bellator/ONE emporte aisément les suffrages. Son arrivée révolutionnaire, fruit d’un échange avec Demetrious Johnson entre l’UFC et le ONE, avait fait la une de tous les journaux. Avec son statut d’invaincu, il devait rapidement prétendre à la ceinture des welters. Et d’emblée une polémique avec sa victoire par arrêt prématuré de l’arbitre sur l’ancien détenteur Robbie Lawler ! Sûr de sa force, Askren se répand en trash-talking dans les médias…et tombera de haut lorsque Jorge Masvidal lui sort un coup de genou millimétré dans les premières secondes de leur duel. Sonné, mais pas coulé, Askren a l’occasion de se relancer dans un duel de grapplers face à Demian Maia. Ce combat confirmera aux contraires les limites de son style désordonné en stand up, et le verra perdre par soumission. Un vrai camouflet sur toute la ligne, conclu par l’annonce d’une retraite. Grosse satisfaction du point de vue business pour l’UFC : la construction de Masvidal comme star et la création du titre BMF, découlant directement des déboires d’Askren.