Le TFC se relèvera-t-il de la pire saison de son histoire ? – Bilan après 26 journées / Avant-match TFC-Rennes

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En dépit d’un léger regain de motivation depuis l’intronisation de Denis Zanko sur le banc, le TFC continue de plonger inexorablement vers un gouffre nommé Ligue 2. Il s’agit désormais de sauver ce qu’il reste d’honneur et préparer la saison prochaine.

Le TFC a eu tendance à souvent voir rouge cette saison.

On a beau être partisan de l’adage « Les chiffres on leur fait dire ce qu’on veut », on aura du mal à les tordre pour aboutir à une orientation positive concernant le TFC. Comment espérer se sauver lorsque l’on reste sur seize matchs sans victoire ? Un point pris sur quarante-huit possibles ? Lorsque l’on empile les pions et les cartons rouges ? Et surtout comment fallait-il interpréter les occurrences du nombre 13 à l’issue d’un TFC-Nice rageant de désespoir ? 13, soit le total de points auquel le club semble figé, 13 c’était aussi l’écart le séparant de la place de barragiste avant le revers à Lille, et enfin le nombre de journées encore à disputer en Ligue 1. Même en supposant un possible sauvetage sous la barre des quarante points comme l’an dernier (38 points avaient suffi aux Violets et aux Amiénois, et même 36 aux Monégasques), il faudrait gagner a minima huit rencontres pour espérer un miracle.

Kombouaré n’aura pas su traiter le mal

Il n’y avait aucun motif d’espoir à l’heure de ce déplacement périlleux à Lille, un des cadors du championnat…paradoxalement le dernier adversaire vaincu par les Violets. Nous étions alors à la mi-octobre, Antoine Kombouaré venait de débouler dans le rôle de l’urgentiste, et la prestation collective des Toulousains laissait envisager une suite de saison plus sereine. Un succès 2-1 qui était plus proche d’un 3-0 sur la physionomie du match (pénalty loupé de Gradel avant réduction de l’écart du LOSC). Revenu à la 15e place du classement, le TFC était encore connecté au peloton, à trois points du 6e Bordeaux, seulement cinq du podium. Invité du Canal Football Club le lendemain, le capitaine courage Max-Alain Gradel pouvait encore plaisanter au sujet de sa réussite relative dans l’exercice du pénalty. Quatre mois plus tard, le même homme peste au micro de Be In en évoquant le manque d’investissement de ses coéquipiers. L’Ivoirien, revenu de blessure lors de la défaite irrationnelle contre Nice (0-2 à 11 contre 9, encore un pénalty loupé) avait pourtant lancé une folle incantation : le maintien était encore possible qu’on se le dise ! Le naufrage collective à Lille (3-0, quasiment aucune occasion) lui a visiblement remis les pieds sur terre.

Gradel aura décidément eu tort d’aller au-delà de son prêt initial au TFC

Les coachs passent (Zanko succédant à Kombouaré, lui-même arrivé en cours de saison à la place de Casanova), un sursaut d’espoir semble naître, puis le soufflet retombe de plus belle. On aime ou pas sa nonchalance, mais Antoine Kombouaré avait su donner dans un premier temps une identité plus joueuse et spectaculaire à l’équipe. L’animation était plaisante et cela s’est traduit par un certain regain offensif jusqu’au déplacement à la Meinau inclus (défaite 4-2). Cette rencontre (17e journée) coïncide avec la sortie sur blessure de M-A Gradel, qui loupera sept matchs consécutifs en L1. Le TFC sombre alors par manque de rigueur défensive, comme dans les arrêts de jeu à Rennes (3-2) ou devant Lyon au Stadium (2-3), sans jamais être outrageusement dominé par ses adversaires. Au retour de la trêve de Noël, les choses se compliquent et le mal s’intensifie au-delà du sportif. Comment expliquer autrement que par un malaise humain l’élimination en Coupe de France à St-Pryvé St Hilaire ? Ou l’inexplicable effondrement dans les 20 dernières minutes qui va suivre en L1 face à Brest (défaite 2-5 après avoir mené 2-1 pendant 53 minutes) ? L’entraîneur kanak a visiblement été lâché, et Olivier Sadran va se résoudre à l’écarter.

Le retour des blessés, le dernier leurre

Les débuts de Denis Zanko ont été loin d’être enthousiasmants. Cependant, les défaites se font moins honteuses voire à la limite de l’injuste (grosse prestation au Vélodrome pas récompensée). Le point ramené d’Amiens à l’issue d’un match insipide (0-0, absence totale de jeu) avait donné au préalable l’illusion d’un bloc défensif stabilisé, avec le nouveau portier Kalinic et le quatuor Moreira-Gabrielsen-Diakité-Sylla. Une impression pas complètement fausse, sauf que les failles individuelles viennent régulièrement foutre en l’air les nouveaux acquis de l’organisation. À l’image des deux expulsions stupides advenues face à Nice : un bloc ostentatoire de Gabrielsen, et un low-kick inconscient de Moreira.

Le groupe a pu aussi se cacher un temps derrière l’absence longue durée de certains cadres (Amian, Gradel) ou supposés en devenir (Shoji, Rogel), obligeant à bricoler sans cesse l’organisation (voir ci-dessous). Hélas, la problématique est toute autre : les bons éléments « théoriques » ont eu beau être alignés en même temps, ils n’ont jamais eu un rendement régulier. Prenons le cas emblématique de l’attaquant grec Koulouris, auteur de quatre buts en neuf journées, avant de s’éteindre. Yaya Sanogo a ensuite eu son petit « run » en octobre-novembre (2 buts en L1, 1 en CDL), mais n’a pas donné suite. Plus irritants, les cas Sangaré et Saïd. Le premier était appelé à devenir le maître de l’entre-jeu, il fuit volontiers ses responsabilités avec des passes en retrait ou latérales. Le second était la recrue phare de l’intersaison, le joueur le plus cher de l’ère Sadran, il apparaît comme un talent à éclipse, d’une inefficacité criante.

Sangaré, la plus grosse régression de l’année.

26 matchs, dix charnières centrales différentes

Gabrielsen-Diakité (6)

Isimat Mirin-Rogel (5)

Amian-Diakité (4)

Isimat Mirin-Amian (4)

Isimat Mirin-Diakité (2)

Rogel-Diakité (1)

Isimat Mirin-Shoji (1)

Isimat Mirin-Goncalves (1)

Isimat Mirin-Diarra (1)

Amian-Rogel (1)

Buteurs en Ligue 1 : l’espoir puis la famine

Koulouris 4

Gradel, Sanogo 3

Diakité, Iseka, Makengo, Said 2

Dossevi, Isimat-Mirin + Lopes(csc) 1

Répartition des buts au fil des journées

1ère-7e journées : 6 buts inscrits

8e-12e journées : 9 buts inscrits

13e-26e journées : 6 buts inscrits

Sauvetage : mission impossible ?

Inutile de remonter à la nuit des temps, les statistiques des deux dernières décennies montrent qu’aucune lanterne rouge n’a remonté un tel retard en l’espace de douze journées.

Situation du dernier en L1 après 26 journées depuis 2002-2003 (passage de 18 à 20 clubs)

Saison

Équipe dernière

Nombre de pts

Écart avec 17e

Fin de saison

2002-2003

Montpellier

21

6

16e (40 pts)

2003-2004

Le Mans

21

4

19e (38 pts)

2004-2005

Istres

21

4

20e (32 pts)

2005-2006

Metz

16

11

20e (29 pts)

2006-2007

Sedan

22

6

19e (35 pts)

2007-2008

Metz

12

19

20e (24 pts)

2008-2009

Le Havre

15

11

20e (26 pts)

2009-2010

Grenoble

13

13

20e (23 pts)

2010-2011

Arles-Avignon

11

18

20e (20 pts)

2011-2012

Sochaux

21

5

14e (42 pts)

2012-2013

Nancy

18

6

18e (38 pts)

2013-2014

AC Ajaccio

14

10

20e (23 pts)

2014-2015

Metz

22

6

19e (30 pts)

2015-2016

Troyes

14

15

20e (18 pts)

2016-2017

Lorient

22

5

18e (36 pts)

2017-2018

Metz

18

9

20e (26 pts)

2018-2019

Guingamp

18

6

20e (27 pts)

2019-2020

Toulouse

13

14

?

*Seuls Montpellier (2002-2003) et Sochaux (2011-2012) se posent en contre-exemples lorsqu’il s’agit du sort réservé au dernier du championnat à douze journées du terme. On note néanmoins la nette différence de points acquis (21) par rapport au TFC, ainsi que l’écart loin d’être énorme avec la première équipe non relégable (6 points pour Montpellier, 5 pour Sochaux).

*On trouve deux équipes plus mal loties que le TFC à l’abord de la 27e journée : l’éphémère Arles-Avignon (11 pts, 20 au final) en 2010-2011, et le FC Metz (12 pts, 24 au final) trois saisons plus tôt. En 2009-2010, le promu grenoblois possédait le même total de points que le TFC aujourd’hui, comptant en revanche un point de retard en moins sur le 17e au classement.

*Même si pas le plus faible total au moment de la 26e journée (14 pts), Troyes possède le triste record du plus faible total (18 pts) en fin de saison.

Les groupes pour TFC-Rennes

TFC

Bloch-Goicoechea-Himeur / Diakité-Gabrielsen-Isimat Mirin-Rogel-Sylla / Adli-Boisgard-Dossevi-Gradel-K.Koné-Sangaré-Vainqueur / L.Iseka-Koulouris-Saïd-Sanogo

Suspendu : Moreira

Blessés : Amian, Kalinic, S.Moreira, Ngoumou, Reynet, Sidibé

Choix du coach : Antiste, Diarra, Goncalves, Makengo, Rouault, Taoui, Zobo

RENNES

Mendy-Salin / Boey-Da Silva-Gélin-Gnagnon-Maouassa-Traoré / Bourigeaud-Camavinga-Da Cunha-Guitane-Nzonzi-Tait / Del Castillo-Hunou-Niang-Raphinha-Siebatcheu

Suspendu : Léa-Siliki

Blessés : Grenier, Johansson, Morel

Choix du coach : Gboho

Un but dans le temps additionnel avait sauvé la tête de Julien Stéphan au match aller.

Calendrier du TFC jusqu’à mi avril : 4 adversaires directs au programme

J27 (29/02) TFC-Rennes (3e)

J28 (07/03) Dijon (17e)-TFC

J29 (14/03) TFC-Metz (16e)

J30 (21/03) Angers (14e)-TFC

J31 (05/04) TFC-Saint-Etienne (15e)

J32 (11/04) Reims (8e)-TFC

Conférence de presse de Denis Zanko avant TFC-Rennes