The Strokes : rétro mais pas trop – Chronique de l’album The New Abnormal (2020)

Voilà enfin le nouvel opus de la bande à Julian Casablancas, leader sans partage du groupe en « the » à la plus grosse hype des années 2000. Sept ans après un Comedown Machine inégal, les New-Yorkais s’affirment plus en vie que jamais.

Cet album s’avère un savant équilibre de tous les versants de leur musique. Le titre d’ouverture The adults are talking s’inscrit dans l’habitude de soigner les entrées en matière. Sa ritournelle entêtante n’est pas sans rappeler le tube The end has no end (Room on fire, 2003), tandis que son envolée finale renvoie à l’expérience connue par le songwritter auprès de Daft Punk (le titre Instant Crush sur le monumental Random Access Memories, 2013). Casablancas a décidé d’appuyer dans le lyrisme à haute intensité qu’on se le dise ! La ballade accrocheuse Selfless qui suit confirme d’ailleurs cette volonté. Sa mélodie lancinante nous enveloppe entre tendresse et nostalgie douloureuse.

Grosse machine rock ou pop assumée ?

Brooklyn bridge to circus nous embarque bien ailleurs : claviers 80’s décomplexés, allure de roadtrip grandiloquent (effet garanti à l’écoute en voiture) et sensation de jouissance d’un combo sûr de sa force.

Sans doute cet ego surdimensionné qui leur aura donné l’idée d’intégrer LE puissant titre rock de l’album : Bad decisions. En fait de moment de bravoure, il s’agit du gros impair de l’album, un morceau sans saveur qu’on a l’impression d’avoir déjà entendu mille fois. Sa présence semble se justifier uniquement par ce souci de préserver une crédibilité du son rock originel, même raison ayant motivé les faibles All the time et 50/50 sur Comedown Machine ? Or The Strokes est devenue une formidable machine pop et ce serait tout à son honneur de l’assumer, à l’image de la piste suivante : Eternal summer. Ce voyage solaire n’aurait pas dépareillé sur un opus de MGMT ou Metronomy tant il est imprégné du charme synth-pop et d’une superposition de voix mi-humaines/mi-robotiques. En ressort une énergie édifiante replaçant l’opus dans le sens de la marche.

Aspect quasi religieux

L’embellie se poursuit avec le captivant At the door, alliance de clavier funèbre et de pureté vocale transcendante. Aussi addictif que le titre d’ouverture, ce nouveau mix entre héritage 80’s et modernité prend aux tripes et revêt un aspect quasi religieux dans son finish.

Les trois dernières pistes de ce (trop) bref opus s’avèrent plus oubliables, sans toutefois démériter. Why are sunday’s so depressing est un Eternal Summer avec une couche électronique en moins, donc dénuée de magie. Mentionnons la colère/montée en puissance parfaitement extériorisée d’un Not the same anymore aux accents blues. Ode to the mets conclut l’aventure en demi-teinte, faute de choisir sa route entre comptine rassurante et cri de frustration. Son apparente complexité technique s’exerce au détriment de l’émotion. Ce bémol de clôture ne saurait à lui seul atténuer le plaisir d’avoir enfin retrouver l’un des meilleurs combos de l’époque.

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